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La Crimée privée de courant pendant plusieurs heures

  • AFP
  • parue le

La Crimée a été frappée par une coupure d'électricité géante vendredi pendant plusieurs heures, en raison d'une rupture des approvisionnements en courant depuis le territoire russe vers la péninsule ukrainienne annexée en 2014.

"L'électricité a été totalement coupée en Crimée", a déclaré le ministre de l'Energie de la région Vadim Belik, cité par les agences russes. Selon la télévision russe, la coupure, qui a démarré peu avant 14H00 (11H00 GMT), a entraîné des scènes de pagaille avec des feux de circulation éteints et des trolleybus bloqués. Selon le ministère russe de l'Energie, la coupure a été provoquée par des températures anormalement chaudes dans la région de Krasnodar, dans le sud de la Russie, qui ont entraîné l'arrêt d'une ligne à haute tension.

Les quatre branches du "pont électrique" achevé en mai 2016 qui relie le territoire russe et la Crimée via le détroit de Kertch ont été progressivement remises en service à partir de 14H55 (11H55 GMT). Vers 16H40 (13H40 GMT), l'alimentation électrique était "totalement rétablie", a annoncé le dirigeant de la région Sergueï Axionov sur Twitter.

La Crimée était presque totalement dépendante de l'Ukraine pour ses approvisionnements en électricité au moment de son annexion par la Russie en mars 2014, après une opération militaire suivie d'un référendum sous contrôle russe, jugé illégal par Kiev et les pays occidentaux. Depuis, elle avait subi à plusieurs reprises des coupures de courant, notamment fin novembre après le sabotage d'une ligne à haute tension venue du territoire ukrainien. Les autorités de la Crimée et Moscou en ont fait porter la responsabilité au gouvernement ukrainien. Kiev a affirmé ne pas en connaître les responsables.

Ces coupures à répétition ont poussé Moscou à construire le "pont électrique" vers la péninsule par le détroit de Kertch et à investir massivement pour moderniser ses infrastructures électriques.

Mi-juillet, le géant industriel allemand Siemens a annoncé arrêter certaines activités avec la Russie, après avoir découvert que quatre turbines à gaz initialement livrées à ce pays avaient été détournées à son insu vers la Crimée, région soumise à sanctions de la part de l'UE et des Etats-Unis. Elles étaient destinées au projet Taman qui prévoit la construction d'une centrale thermique dans la péninsule de Taman, dans la région de Krasnodar en Russie, qui fait directement face au couloir de terre de Kertch en Crimée.


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