Label « vert » de l'UE au gaz et au nucléaire : aval tacite des États membres, les eurodéputés voteront mercredi à Strasbourg

  • AFP
  • parue le

Le projet de label "vert" de l'UE pour le gaz et le nucléaire a reçu l'aval tacite des États membres, mais des eurodéputés tenteront mercredi de le bloquer lors d'un vote au Parlement européen à Strasbourg.

Classer comme "durables" les investissements dans des centrales nucléaires ou au gaz pour la production d'électricité faciliterait le financement de ces infrastructures. Mais la reconnaissance de leur contribution à la lutte contre le changement climatique a provoqué la colère d'organisations écologistes qui ont dénoncé une opération de "greenwashing". L'initiative est également contestée dans le monde de la finance. Le label "vert" était jusqu'ici réservé aux énergies renouvelables.

Le texte controversé, présenté en janvier par la Commission, doit aider à mobiliser des fonds privés vers des activités réduisant les émissions de gaz à effet de serre. Il s'inscrit dans l'objectif de neutralité carbone de l'UE en 2050. Selon plusieurs sources, seuls huit pays membres, dont l'Allemagne, l'Autriche et le Luxembourg, ont exprimé leur opposition au texte lors de consultations menées par la présidence française du Conseil de l'UE.

Ce chiffre étant très loin de la "super-majorité" de 20 pays nécessaire pour bloquer le projet de labellisation verte (dite "taxonomie"), aucun vote formel ne sera organisé, l'absence d'objection du Conseil étant désormais actée. Il reste désormais à passer l'obstacle du Parlement européen.

Les commissions parlementaires Affaires économiques et Environnement ont adopté le 14 juin une objection au projet de la Commission. Celui-ci fera donc l'objet mercredi d'un vote en session plénière qui s'annonce incertain.

La guerre en Ukraine, qui a mis en lumière le danger de la dépendance au gaz russe, a renforcé l'hostilité de certains élus.

Une majorité absolue de 353 sièges est requise pour bloquer le texte de la Commission: les députés de la Gauche radicale, les sociaux-démocrates et les Verts s'y opposeront à une très large majorité. Les libéraux et la droite, bien que divisés, devraient majoritairement l'approuver.

Un échec risquerait de couler définitivement l'initiative, selon plusieurs connaisseurs du dossier. Il reviendrait alors à la Commission de décider de présenter ou non un nouveau texte modifié.

Pour atteindre ses objectifs climatiques, Bruxelles juge indispensable une contribution du nucléaire, qui n'émet pas de CO2, et des centrales au gaz, moins émettrices que celles au pétrole ou au charbon.

L'exécutif européen estime que les énergies renouvelables, qui restent une priorité, ne pourront pas à elles seules répondre à la demande croissante d'électricité en raison de leur production intermittente. D'où le besoin, au moins à titre transitoire, de favoriser aussi l'investissement dans des moyens stables et pilotables.

La France, qui veut relancer sa filière nucléaire, et des pays d'Europe centrale comme la Pologne, qui doivent remplacer leurs centrales à charbon très polluantes, ont soutenu l'initiative.

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