Un « écosystème territorial hydrogène » lancé à Auxerre, première commande de trains à hydrogène

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Le ministre délégué aux Transports Jean-Baptiste Djebbari a lancé vendredi à Auxerre le premier "écosystème territorial hydrogène" de France, associant une unité de production de ce carburant non polluant et divers utilisateurs, dont des trains.

Le coup d'envoi du projet a été donné par la formalisation d'une commande - la première en France - de trains fonctionnant à l'hydrogène pour un montant de 51,9 millions d'euros. "Nous préparons les transitions de ces 20-30 prochaines années (...). L'enjeu, c'est la massification de la production d'hydrogène décarboné", a déclaré M. Djebbari lors de la signature du bon de commande à Alstom de trois TER bi-mode hydrogène (électrique et H2) pouvant atteindre une vitesse maximale de 160 kilomètres/heure avec 220 passagers et une autonomie de 400 à 600 km.

La Bourgogne-Franche-Comté devient ainsi la première région de France à officialiser une commande de trains à hydrogène. Ces rames doivent effectuer leurs premiers essais en 2023 pour une entrée en exploitation un an à un an et demi plus tard, selon la région. "Les potentiels sont considérables. D'ici à 2030, plusieurs centaines de rames pourraient parcourir nos territoires", a ajouté M. Djebbari.

Trois autres régions se sont déclarées prêtes à expérimenter le train à hydrogène : Auvergne-Rhône-Alpes, Grand Est et Occitanie. En Bourgogne-Franche-Comté, les trains H2 relieront Auxerre à Laroche-Migennes pour y remplacer les TER diesel. Ce carburant fournit encore 25% de l'énergie consommée par les trains régionaux et est responsable de 75% de leurs émissions de CO2.

"C'est un événement historique, c'est la première fois qu'on touche du doigt ce rêve de faire marcher des trains à hydrogène" (qui roulent déjà en Allemagne), a estimé Jean-Pierre Farandou, PDG de la SNCF, dans un discours retransmis par vidéo. "La France rejoint le cercle des pays fondateurs du train à hydrogène", s'est pour sa part félicité Henri Poupart-Lafarge, son homologue d'Alstom, cité dans un communiqué.

À Auxerre, la venue du train à hydrogène s'accompagne de l'installation, d'ici à la fin de l'année, d'un écosytème complet qui comprendra un centre de production de cette énergie verte, réalisé par Hynamics, filiale du groupe EDF. L'hydrogène sera produit entièrement à base de sources renouvelables.

Le site alimentera non seulement des trains mais également, d'ici à la fin 2021, cinq bus à hydrogène ainsi que, à terme, des véhicules utilitaires de flottes privées et publiques, des équipementiers locaux voire de la navigation fluviale. "Il y a encore plein de champs d'application", a lancé le secrétaire d'Etat au Tourisme Jean-Baptiste Lemoyne, également conseiller départemental de l'Yonne.

Commentaires

BEE

Au premier accident d'explosion lié au transvasement d'hydrogène (BLEVE en particulier), on va voir comment ça réagira !
je connais les règles de sécurité du Gaz Méthane et GPL, elles sont draconiennes. L'H2 est 100 fois plus dangereux...

Abadie

C'est une excellente nouvelle, cet enthousiasme crée une dynamique porteuse.

Laurent DELORME

L'écosystème ne mentionne pas comment sera produite l'électricité nécessaire pour produire la quantité d'hydrogène pour les trains et les 5 bus au moins dans un premier temps. Est ce que les 80 éoliennes dans le coin d'Auxerre (puissance installée 160MW, puissance produite 300 GWh??) seront suffisantes. Mais comme elles n'avaient pas été installées dans cet objectif. Il serait intéressant d'avoir les consommations hydrogène train et bus et la puissance électrique nécessaire

Jean-Pierre Vérollet

Finalement, cela justifie a posteriori les décisions de ne pas électrifier les lignes à petit trafic et va inciter à implanter plus d'éoliennes, symboles indiscutables du verdissement progressif (à contre coeur?) de la France et de sa nouvelle cohérence (ou in- ... ?) verte.

salem

Pourquoi ne pas exploiter le toit du train pour installer des modules photovovoltaiques pour produire l'H2 par électrolyse de l'eau et ensuite alimenter une pile à combustible.

Nicolas G.

Si l'on prend l'exemple des train Alstom Ilint déjà en opération en Allemagne, le système de stockage est décrit comme étant composé d'un pile à combustible de 200 kW (Hydrogenics) avec 95 kg d'hydrogène à 350 bars, ainsi que de 111 kWh de batterie Li-ion (Akasol) avec 800 V de tension nominale.
https://www.industrie-techno.com/article/comment-fonctionnent-les-27-tr…

- des panneaux solaires peuvent être installés sur la surface (externe !) du train et fournir ... pas grand chose... mais inutile de le transformer en hydrogène, autant alimenter directement la batterie.
- Une éolienne de taille raisonnable (80-100 m) est capable de générer 2 MW (https://www.connaissancedesenergies.org/fiche-pedagogique/eoliennes-ter…). Compte tenu du rendement, d'électrolyse et de la compression, il faut 6 à 7 MWh pour produire les 95 kg d'hydrogène, soit entre 3 et 4 h de fonctionnement à plein régime de l'éolienne précédente. Pas si énorme que cela, même avec un facteur de charge de 20%, d'autant plus que l'on peut stocker l'hydrogène produit aux heures creuses.
- Le surcoût d'exploitation reste un point important. La durée de fonctionnement des batteries et des PEMFC ne permet actuellement pas d'envisage 20 à 30 ans d'exploitation sans remplacement de ces éléments
Bonne fin de journée !

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