Le groupe Total aurait permis de diriger des centaines de millions de dollars vers les militaires birmans, selon le journal Le Monde

  • AFP
  • parue le

Un montage financier autour d'un gazoduc exploité par Total en Birmanie aurait permis de diriger depuis des années des centaines de millions de dollars des ventes de gaz directement vers les militaires de ce pays, au détriment de l'État birman, selon le journal Le Monde qui cite mardi plusieurs documents. Total n'avait pas donné suite aux sollicitations de l'AFP mardi en milieu de journée.

L'entreprise en cause, Moattama Gas Transportation Company (MGTC), est propriétaire du gazoduc reliant le champ gazier de Yadana, au large des côtes birmanes, à la Thaïlande. Elle a été créée en 1994, lors de la mise en place du projet gazier, et est domiciliée aux Bermudes. Ses actionnaires sont les mêmes que ceux de l'entreprise exploitant le gisement, en particulier Total (31%) et la Myanmar Oil and Gas Enterprise (MOGE, 15%, contrôlée par l'armée birmane).

Or, selon le quotidien, qui a consulté les comptes et audits de MGTC, cette entreprise facture "à un prix jugé exorbitant" le transport du gaz, généralement moins taxé que la production, ce qui permettrait de réduire le montant des royalties versées à l'État birman. Ce montage permettrait à l'armée, via la MOGE, de toucher directement des dividendes sur l'activité de transport, qui affichait en 2019 un chiffre d'affaires de 523 millions de dollars pour seulement 11 millions de charges.

Le Monde, qui a interrogé plusieurs experts, évoque une forme d'"optimisation fiscale" pour les actionnaires de MGTC, aux dépens de l'État birman. "Nous ne connaissons pas les raisons précises ayant conduit le choix de domicilier MGTC aux Bermudes il y a 30 ans", souligne-t-on chez Total auprès du Monde. Total y ajoute qu'aujourd'hui le groupe "ne domicilie plus aucune filiale nouvelle dans les paradis fiscaux".

Le groupe pétrolier est présent en Birmanie depuis 1992, et depuis le coup d'État militaire de février, les militants pro-démocratie le pressent de nouveau de "cesser de financer la junte". Son PDG a indiqué en avril qu'il suspendait ses forages dans le pays mais qu'il continuait à exploiter le gisement de Yadana, en activité depuis 1998, pour approvisionner en énergie les populations birmanes et thaïlandaises. Il s'est aussi engagé à financer des ONG consacrées à la défense des droits humains à hauteur de ce qu'il verse à l'État birman.

Commentaires

BEE

Encore des accusations à charge des ONG sous influence chinoise....
Cela leur a tellement bien réussi pour piquer les concessions aux Américains...

JEAN-JACQUES ROYANT

Grande campagne de dénigrement de TOTAL menée par plusieurs organismes "bien-pensants" mais ignorants. Après le pipeline Uganda-Tanzanie, voilà le pipeline de Birmanie.
Je rejoins le commentaire précédent : mais qui finance ces "ONG" ??

Postyt94

Heuuu,

Vous êtes juste ignorants ou totalement DÉBILES ???

Analyse des comptes par des experts financiers, antécédents de TOTAL avec des filiales Offshore basées dans des paradis fiscaux, déjà condamnés pour corruption (ELF, vous avez oubliés ? ).

Le MONDE, pour rappel, journal sérieux à la réputation internationale, sort régulièrement des scandales financiers nationaux et internationaux (pool Panama Paper's).

Vous êtes vraiment de sombres buses ...

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