- Connaissance des Énergies avec AFP
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Le mégabarrage sur le Nil, inauguré début septembre en Ethiopie, a été réalisé "grâce aux seules ressources éthiopiennes", a assuré mardi le Premier ministre Abiy Ahmed, répondant à Donald Trump qui a affirmé plusieurs fois que les Etats-Unis avaient finance le projet.
Le Grand barrage éthiopien de la Renaissance (Gerd) est construit sur le Nil bleu qui prend sa source dans les hauts plateaux d'Ethiopie avant de rejoindre le Nil blanc au Soudan et de former le Nil, plus long fleuve d'Afrique qui se jette dans la Méditerranée après avoir traversé l'Egypte.
Ce barrage est critiqué depuis de nombreuses années par l'Egypte qui dépend du Nil à 97% pour ses besoins en eau et l'a qualifié de "menace existentielle".
"L'Ethiopie n'a pas reçu un seul birr (la monnaie éthiopienne, NDLR) d'aide ou de prêt pour le barrage de la Renaissance", a déclaré Abiy Ahmed devant les parlementaires éthiopiens, affirmant que ce "projet ambitieux a été réalisé grâce aux seules ressources éthiopiennes".
Le Gerd, plus grande installation hydro-électrique d'Afrique dont la construction a été lancée en 2011, a coûté environ 4 milliards de dollars et a été financé grâce à des prêts d'Ethiopiens, voire des retenues forcés sur salaires.
Le 21 janvier, lors d'une rencontre avec le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi, Donald Trump a affirmé que le barrage avait "été financé par les Etats-Unis".
Le président américain, allié de longue date de son homologue égyptien, a également affirmé que le Gerd "bloque le Nil" et assuré vouloir "remettre sur les rails" les négociations entre le Caire et Addis Abeba.
Donald Trump s'est dit prêt "à relancer la médiation", une offre saluée par le président égyptien, mais à laquelle les autorités éthiopiennes n'ont pour l'heure pas réagi.
Le barrage est une source de fierté et l'un des rares sujets consensuels dans le pays, confronté à des conflits armés dans ses deux régions les plus peuplées.
Le Gerd, long de 1,8 kilomètre et haut de 145 mètres, doit faire doubler la production électrique de l'Ethiopie, deuxième pays le plus peuplé d'Afrique où près de la moitié des 130 millions d'habitants n'ont pas accès à l'électricité.
En septembre, bien avant les propos du président américain, Pietro Salini, le PDG de Webuild, maître d'oeuvre du projet, avait déclaré à l'AFP que "tous les Ethiopiens ont contribué financièrement à ce projet".
"Comme aucun prêteur international n'était disposé à investir dans ce projet, ils l'ont fait eux-mêmes, en le finançant avec leurs propres ressources", avait-il poursuivi.
"Il n'y a pas de changement dans le débit" du Nil, celui-ci "est simplement régulé", avait-il aussi souligné, expliquant que les barrages "libèrent de l'eau pour produire de l'énergie. Ce ne sont donc pas des systèmes d'irrigation qui consomment de l'eau."