- Connaissance des Énergies avec AFP
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Le ministre français des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot a appelé mardi depuis Ankara à lutter contre la flotte fantôme utilisée par Moscou pour exporter son pétrole en contournant les sanctions occidentales, quelques jours après l'interception d'un pétrolier en Méditerranée.
La flotte fantôme menace « la sécurité en mer Noire »
"Nous devons accroître la pression sur l'agresseur russe et ses ressources financières en réduisant ses revenus pétroliers", a déclaré le chef de la diplomatie française dans une déclaration enregistrée et transmise à la presse. "Cela implique de poursuivre la lutte contre la flotte fantôme qui menace également la sécurité en mer Noire", a ajouté M. Barrot à l'issue d'un entretien dans la capitale turque avec le ministre turc des Affaires étrangères, Hakan Fidan.
La Marine française a arraisonné jeudi en Méditerranée un pétrolier soupçonné d'appartenir à cette flotte fantôme, quatre mois après l'interception en Atlantique d'un autre navire permettant à Moscou de contourner les sanctions occidentales mises en place en réaction à l'invasion de l'Ukraine par la Russie en 2022.
Des sanctions non appliquées par la Turquie
La Turquie, membre de l'Otan et riveraine de la mer Noire, n'applique pas ces sanctions et voit passer dans ses eaux certains de ces navires sous pavillon de complaisance, qui franchissent les détroits du Bosphore et des Dardanelles pour rejoindre la Méditerranée.
Deux de ces pétroliers ont été attaqués par des drones navals ukrainiens fin 2025 dans la Zone économique exclusive (ZEE) turque en mer Noire, suscitant l'inquiétude d'Ankara. Fin septembre, le président américain Donald Trump avait demandé à son homologue turc Recep Tayyip Erdogan, qui entretient des liens étroits avec Kiev et Moscou, que la Turquie arrête d'acheter du pétrole et du gaz russes.
