Lourde perte en 2025 et plan d'économies pour le spécialiste des minéraux Imerys

  • Connaissance des Énergies avec AFP
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Le leader revendiqué des spécialités minérales pour l'industrie Imerys a significativement baissé la valeur dans ses comptes d'une de ses activités, pénalisée par la concurrence asiatique, et essuyé une lourde perte en 2025 qui le pousse à chercher des économies.

Le groupe a déprécié de 467 millions d'euros fin 2025 son activité "Solutions pour réfractaires, abrasifs et construction", en raison d'une "dégradation" du marché résultat d'"une protection inférieure à celle initialement annoncée" par l'Union européenne.

Cette dernière a décidé de mesures anti concurrence déloyale sur les importations d'alumine fondue en provenance de Chine, entrées en vigueur le 16 janvier. Mais elles "offrent une protection inférieure à celle initialement annoncée en juillet 2025", détaille Imerys.

En conséquence, l'activité continue de souffrir de la concurrence asiatique, observée en 2024 et 2025 dans un contexte de "faible activité industrielle persistante et de prix énergétiques élevés en Europe", dit l'entreprise.

Le directeur général Alessandro Dazza a expliqué que cette activité, qui fournit des minéraux synthétiques produits artificiellement dans des fours, consomme beaucoup d'énergie, qui coûte plus cher en Europe que dans d'autres régions du monde, notamment en Asie.

Dans ce contexte, l'entreprise pourrait mutualiser des sites de production et en fermer d'autres, a dit M. Dazza, précisant que cela ne concernera pas de sites en France.

Dans l'immédiat, la dépréciation d'actif est une décision comptable, sans effet sur la trésorerie d'Imerys, qui emploie 12.300 salariés dans 40 pays et fournit des matériaux d'origine minérale à d'autres secteurs d'activité.

Près de 40% de son activité dépend de la construction et des infrastructures, 22% des biens de consommation - comme de la litière pour chats par exemple - ou la santé, 15% pour l'automobile et le transport, 11% pour l'énergie et l'équipement.

Les ventes de l'entreprise, ou "produits des activités ordinaires", ressortent en 2025 en baisse de 6,1%, à 3,4 milliards d'euros, tandis que la perte nette s'établit à 408,8 millions d'euros, contre une perte de 95 millions un an plus tôt.

Le directeur général s'est réjoui de la capacité de l'entreprise à atteindre sa prévision d'excédent brut d'exploitation (Ebitda) ajusté, un indicateur de sa rentabilité, "dans un environnement caractérisé par une faible demande et des taux de change défavorables sur nos marchés clés".

L'entreprise a dit jeudi lancer un programme de réduction des coûts et d'amélioration des performances visant entre 50 et 60 millions d'euros d'économies entre 2026 et 2027.

- Projet en pause au Royaume-Uni -

Elle a, par ailleurs, annoncé mettre en pause son projet d'exploitation de lithium au Royaume-Uni, bien qu'il demeure un "programme stratégique".

M. Dazza a indiqué que des discussions étaient en cours avec les autorités, avec qui l'entreprise entretient de "très bons rapports, comme c'est le cas en France".

Mi-février, elle avait annoncé que l'Etat français allait prendre une participation significative mais minoritaire dans son projet d'exploitation minière de lithium dans l'Allier.

Une source à Bercy a indiqué à l'AFP que la participation de l'Etat, d'un montant de 50 millions d'euros, correspondait à environ 30% du capital.

Imerys, qui vise un début d'exploitation de cette mine en 2030, précise prévoir de "collaborer étroitement" avec l'Etat "dans le cadre de ce partenariat stratégique".

Alessandro Dazza disait être "a priori" toujours en recherche d'autres partenaires financiers pour l'exploitation, même si ce sera "à décider avec notre partenaire actuel". "On a toujours dit qu'on ne peut pas faire tout seul", avait rappelé le dirigeant.

L'entreprise, qui accueille à compter de jeudi un nouveau directeur financier, Pierre Lebreuil, prévoit de proposer à ses actionnaires le versement d'un dividende de 0,75 euro par action, "avec un taux de distribution en ligne avec les années précédentes".

Ne constatant "aucune amélioration significative en ce début de 2026" sur ses marchés, l'entreprise dit attendre "plus de visibilité avant de pouvoir s'engager sur une amélioration de sa performance en 2026 par rapport à 2025".

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