Stratégie énergétique: le gendarme du nucléaire demande de la"visibilité"

  • Connaissance des Énergies avec AFP
  • parue le

L'autorité de sûreté nucléaire et de radioprotection (ASNR) a réclamé mardi "de la visibilité et de la stabilité" pour la politique énergétique, dans le contexte du vieillissement du parc nucléaire et de l'éventuelle prolongation de la durée de vie de certains réacteurs au-delà de 60 ans.

"Il faut préparer et lisser le renouvellement des capacités (de production électrique, NDLR), qu'elles soient nucléaires ou qu'elle soient d'autres technologies, conserver des marges de sûreté et donc donner de la visibilité et de la stabilité à la politique énergétique", a déclaré le président de l'ASNR Pierre-Marie Abadie lors de ses voeux à la presse.

Attendue depuis deux ans et demi, la feuille de route énergétique de la France doit fixer le cap pour la production d'électricité éolienne, solaire et nucléaire. Mais les antagonismes politiques sur le partage entre renouvelables et nucléaire ont retardé sa publication.

En cause: l'accélération des renouvelables, un irritant pour une partie de la droite et de l'extrême droite, qui mettent en avant le contexte actuel de surcapacités électriques et de stagnation de la consommation d'électricité.

Du point de vue de l'ASNR, "il ne faut pas que des évolutions conjoncturelles (...) masquent les enjeux de long terme", a relevé M. Abadie, en allusion à la demande d'électricité qui explose dans certains pays, tirée par les centres de données.

Initialement, le projet de texte s'appuie sur l'accélération des renouvelables et une relance du nucléaire, avec la construction de nouveaux réacteurs et la prolongation de ceux qui peuvent l'être au-delà de 50 voire de 60 ans.

Le parc nucléaire actuel français vieillit: les réacteurs, datant surtout des années 80, ont 40 ans en moyenne - soit leur durée de vie initialement prévue.

L'ASNR a précisé qu'elle "prendra position en novembre 2026" après avoir examiné les "obstacles potentiels à la poursuite de fonctionnement à long terme et les leviers possibles pour les surmonter".

Les enjeux portent notamment sur le "vieillissement des bétons" et sur des composants non ou "difficilement remplaçables" tels que la cuve ou certaines tuyauteries.

L'autorisation de prolonger ou non la durée de vie des réacteurs n'interviendra pas avant l'horizon 2040. Avant cela, le parc nucléaire devra encore se soumettre à son examen de sûreté pour pouvoir fonctionner au-delà de 50 ans.

Ajouter un commentaire