Eolien offshore : les jeux sont faits

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Résultats appel d'offres éolien

Près de la moitié de la puissance éolienne offshore dans l'UE est actuellement installée au Royaume-Uni. (©photo)

Le gouvernement a officiellement annoncé ce matin les résultats du 1e appel d’offres pour le développement de parcs éoliens offshore en France. Le consortium d’EDF EN remporte 3 des 4 sites finalement attribués, le projet du Tréport ayant été déclaré « sans suite ». Explications.

Les lauréats de l’appel d’offres

EDF EN et Dong Energy, regroupées au sein de la société Eolien Maritime France, se sont vues attribuer 3 des 5 sites de l’appel d’offres gouvernemental :

  • Courseulles-sur-Mer (Calvados, projet d’une puissance de 450 MW) ;
  • Fécamp (Seine Maritime, puissance de 498 MW) ;
  • Saint-Nazaire (Loire-Atlantique, puissance de 480 MW).

Alstom fournira pour ces différents sites des éoliennes d’une puissance unitaire de 6 MW. Le groupe va construire deux usines à Saint-Nazaire (générateurs et nacelles) et à Cherbourg où seront assemblés les mâts et les pales.

Ailes Marines SAS, société regroupant principalement le groupe espagnol Iberdrola et Eole-RES, est lauréate sur le site de Saint-Brieuc (Côtes d’Armor, puissance de 500 MW). Leurs éoliennes seront fournies par Areva.

La zone du Tréport (Somme) n’a pas été attribuée au consortium de GDF Suez, seul candidat en lice. Le prix d’achat de l’électricité proposé sur ce projet a été jugé trop élevé(1). Sur cette zone, le « prix du projet éolien » (coûts d'étude, de réalisation, d'exploitation et de démantèlement de l'installation) avait été estimé dans le cahier des charges entre 115 € et 175 € / MWh.

Les critères de sélection

Les lauréats ont été sélectionnés suivant 3 critères :

  • la qualité du projet industriel et social (40%) ;
  • le prix d’achat de l’électricité proposée (40%) ;
  • le respect de la mer et de ses usages (20%).

La CRE avait préalablement remis un rapport de synthèse sur les différentes offres le 28 mars dernier. Elle y avait recommandé d’attribuer non pas 3 mais 4 sites au consortium d’EDF EN. Ailes Marines SAS a tout de même convaincu le gouvernement de lui attribuer la zone de Saint-Brieuc, notamment en raison des retombées économiques pour le port du Havre, où seront construites deux usines par Areva.

La construction des quatre parcs éoliens va coûter près de 7 milliards d'euros aux consortiums sélectionnés.(2)

Les prochaines étapes

Des études de faisabilité approfondies doivent être réalisées par les lauréats jusqu’en octobre 2013 afin de s’assurer de la pérennité de leurs projets, notamment l’absence de risques environnementaux.

Les 4 sites attribués devraient accueillir près de 370 éoliennes d’une puissance cumulée de près de 2 GW. Ils devraient être mis en service à partir de 2017-2018 pour fournir l’équivalent de la consommation électrique annuelle de près de 1,5 million de foyers.

Le gouvernement a annoncé qu’un nouvel appel d’offres pour l’éolien offshore sera lancé au second semestre 2012. Celui-ci comprendra entre autres les zones du Tréport (à nouveau) et de Noirmoutier. Rappelons que le Grenelle Environnement fixe un objectif national de 6 GW de capacité installée provenant des éoliennes offshore et des énergies marines à l’horizon 2020.

Sources / Notes

(1) Sa sélection aurait, selon le gouvernement, entraîné une surcharge de la CSPE de près de 500 millions d’euros.

(2) Ceux-ci vendront leur électricité à EDF à un prix subventionné (prix poposé par le candidat, puis actualisé et ajusté) pour rentabiliser ces investissements.