
Près de 11 millions de sites consomment du gaz naturel en France à fin 2025.
Différentes composantes et prix repère
Les prix du gaz naturel en France varient selon les types de clients et leurs niveaux de consommation. Ces consommateurs payent une partie fixe (l'abonnement) et une partie variable (qui dépend du volume de kilowattheures consommés).
Les prix du gaz couvrent schématiquement 3 grands postes de coûts :
1 - les coûts de fourniture et de commercialisation ;
2 - les coûts de réseaux (transport et distribution) et de stockage ;
3 - les taxes.
Depuis la suppression du tarif réglementé de vente (TRV) du gaz en juillet 2023, seules des offres de marché sont commercialisées en France (dont près de 47 % auprès de fournisseurs dits « alternatifs » pour les sites résidentiels et plus de 60 % pour les sites non résidentiels à fin 2025, les fournisseurs dits « historiques » étant Engie et les entreprises locales de distribution ou « ELD »).
Rappelons que les consommateurs n’ayant pas quitté les TRVG au 30 juin 2023 avaient été transférés au 1er juillet 2023 dans une offre par défaut, dite « offre de bascule », chez leur fournisseur historique (chez Engie, le nom de cette offre commerciale est « Passerelle », avec une indexation sur le prix repère de vente du gaz publié chaque mois par la CRE).
Chaque fournisseur fixe ainsi librement ses prix, mais ne peut in fine se différencier que sur la partie de fourniture et commercialisation ; les autres composantes du prix du gaz étant fixées publiquement et étant les mêmes pour tous.
Prix repère du gaz
Un indicateur a été mis en place par la CRE, organisme public, pour aider les consommateurs résidentiels à se situer sur le marché : le prix repère de vente de gaz (PRVG).
Ce prix repère, publié à titre indicatif, évolue chaque mois. Il est indiqué avec un prix d’abonnement et un prix du kilowattheure. « Comme les TRVG, les fournisseurs sont libres d’indexer leurs offres de marché à l’évolution du prix repère », précise la CRE.
À fin 2025, le coût de fourniture comptait pour environ 37 % du prix repère du gaz selon la CRE, contre 32 % pour les coûts de réseaux et environ 31 % pour les taxes(1).

Les coûts de fourniture et coûts commerciaux
La fourniture est le seul grand poste dépendant des fournisseurs, selon les coûts d'approvisionnement de ces derniers et selon leurs stratégies commerciales.
Coûts d'approvisionnement
Les coûts d'approvisionnement en gaz intègrent les coûts d’exploration, d’extraction, de transport du gaz jusqu'aux réseaux français ainsi que la marge du producteur.
La quasi-totalité de la consommation française est aujourd'hui assurée par des importations (principalement de Norvège, des États-Unis et toujours de Russie).
Le gaz naturel peut être acheté par le fournisseur de gaz :
- de gré à gré, dans le cadre de contrats de long terme (souvent autour de 20 ans). Dans la plupart des cas, le fournisseur s’engage à acheter à un producteur un certain volume de gaz à un prix donné selon la clause « take or pay » : il est tenu de payer une quantité minimale d’énergie, qu’il en prenne livraison ou non, ce qui permet au vendeur d’assurer la rentabilité de ses investissements. En retour, le vendeur garantit la mise à disposition du gaz, ce qui permet à l’acheteur d’assurer la sécurité de son approvisionnement et d’avoir une visibilité sur son coût à long terme ;
- par le biais de marchés « intermédiés », c'est-à-dire via des courtiers ou sur des marchés organisés comme EEX où s’échangent différents types de contrats : « spot » (journaliers ou infra-journaliers par exemple, « day-ahead » dans le cadre d’un contrat négocié la veille pour livraison le lendemain) et « à terme » (ou « futures » en anglais), contrats avec une échéance plus éloignée (par exemple trimestrielle ou annuelle). Pour les fournisseurs, ces marchés sont souvent un moyen d’ajuster à la marge leurs approvisionnements afin de satisfaire les besoins de leurs clients.
En France, l’essentiel de l’approvisionnement de gaz est assuré dans le cadre de contrats à moyen et long terme.
Évolution des prix de marché du gaz
Les coûts d'approvisionnement varient en fonction du prix du gaz sur les marchés de gros (prix « PEG » - Point d'échange gaz), ces derniers étant sensibles aux fluctuations de l’offre (par exemple un excédent dû à des livraisons massives sous forme de GNL ou au contraire une crise géopolitique comme la guerre au Moyen-Orient en mars 2026 avec une blocage du détroit d'Ormuz) et de la demande (liée entre autres à l'activité économique et aux conditions climatiques).
Prix du gaz naturel sur le marché de gros PEG à M+1 (Point d'échange Gaz)
Prix relevés en mars 2026 - Graphique: Selectra - Source: CNR
€
Plusieurs facteurs influencent le prix du gaz, notamment la quantité de gaz disponible sur le marché, les facteurs géopolitiques et crises éventuelles (à l'image de la guerre en Ukraine débutée en 2022 ou du conflit au Moyen-Orient en 2026), la situation macroéconomique, la météo, la demande de gaz ou encore les taux de change.
Coûts commerciaux
À ces coûts d’approvisionnement pour le fournisseur s’ajoutent des frais commerciaux que celui-ci répercute sur le client final (accueil client, traitement des demandes, marge du fournisseur, etc.), ainsi que le coût des certificats d’économie d’énergie (CEE).
Début mars 2026 (avant le début de la guerre au Moyen-Orient), les coûts moyens de fourniture du gaz se répartissaient entre les postes suivants (ordres de grandeur à titre indicatif) :
- coûts d'approvisionnement à 30,45 €/MWh ;
- coûts commerciaux hors CEE : une part fixe à 45,80 € par an et une part variable à 3,35 €/MWh ;
- CEE (certificats d'économies d'énergie) à 7,85 €/MWh ;
- marge du fournisseur à 1,65 €/MWh ;
- brique de risque à 2,10 €/MWh ;
- frais d'accès au marché à 0,04 €/MWh.
Les coûts de réseaux et stockage
Les coûts de transport et de distribution sur les réseaux français
Ces coûts propres aux gestionnaires de réseaux (GRDF, NaTran - ex-GRTGaz - et Térega principalement) intègrent les tarifs d’utilisation des réseaux de gaz naturel dont le fournisseur s’acquitte et qu’il facture à ses clients. Les tarifs d'utilisation des réseaux, fixés par la CRE(3), sont de deux ordres :
- les tarifs ATRT (Accès des tiers aux réseaux de transport) pour l’accès aux réseaux de transport ;
- les tarifs ATRD (Accès des Tiers au Réseau de Distribution de gaz naturel) pour l’accès aux réseaux de distribution.
Le réseau de distribution achemine le gaz depuis les grandes infrastructures du réseau de transport jusqu'à la grande majorité des consommateurs. Toutefois, certains clients professionnels aux consommations importantes sont directement raccordés au réseau de transport et ne subissent pas les coûts de distribution.
ATRT
Les coûts de transport, qui servent à rémunérer les opérateurs NaTran et Térega, sont fixés selon une formule tarifaire qui change tous les quatre ans mais évoluent chaque année au 1er avril.
L'ATRT 8 est entré en vigueur le 1er avril 2024 (pour la période 2024-2028). Le coût de l'ATRT avoisine 7,2 € par MWh pour un client chauffé au gaz depuis avril 2025 (ce coût devrait augmenter à environ 7,45 € par MWh en avril 2026).
ATRD
La méthode de calcul de l'ATRD est réévaluée tous les quatre ans. Pour tout ménage chauffé au gaz, l'ATRD est composé d'une part fixe (soit l'essentiel de l'abonnement facturé aux clients) et d'une part variable par MWh consommé.
Option tarifaire | Part fixe | Part variable | Terme de souscription annuelle de capacité journalière | |
|---|---|---|---|---|
| Part de la souscription de capacité inférieure à 500 MWh/j | Part de la souscription de capacité supérieure à 500 MWh/j | |||
| T1 - Cuisson / Eau chaude | 51.96 € | 42.37 €/MWh | - | |
| T2 - Chauffage | 175.92 € | 11.39 €/MWh | ||
| T3 - Chaufferies et entreprises | 1231,08 € | 8,19 €/MWh | ||
| T4 - Industriels | 20469,6 € | 1,11 €/MWh | 271,56 €/MWh/j | 135,72 €/MWh/j |
L'ATRD7 en vigueur (2024-2027) a subi une hausse spectaculaire de 27,5 % en juillet 2024 par rapport à la période précédente, alors que l'ATRD5 et ATRD6 avaient peu évolué. Cette hausse est liée aux évolutions suivantes :
- une hausse de 10,3 % pour le rattrapage de l'inflation ;
- une hausse de 9,7 % pour payer le déficit accumulé sur la dernière période de l'ATRD6 (2021-2024) à cause de charges supérieures aux recettes ;
- une hausse de 5,9% pour compenser la baisse de la consommation. La CRE estime que cette baisse se poursuivra à un rythme de 1,9 % par an d'ici à 2027.
- une hausse de 1,6 % du fait des augmentations des charges (salaires, logiciels, matériel, etc.)
Il est à noter que les ELD ont des coûts fixes différents de ceux de GRDF, entraînant une légère différence au niveau de l'ATRD entre les acteurs.
Les coûts de stockage
Les coûts de stockage permettent de lisser les surcoûts liés aux variations saisonnières de la consommation (plus élevée en hiver qu’en été) et rémunèrent les opérateurs de stockage (Storengy, Teréga et Géométhane).
Ce tarif, qui évolue annuellement et est intégré dans les coûts de réseaux, prend en compte les évolutions du revenu autorisé des opérateurs de stockage, les prévisions de recettes et l'assiette de collecte de la compensation.
Selon une étude du comparateur Selectra(4), l'ATS représentait, au 1er juillet 2024, un coût annuel de 59,50 €/an pour un foyer moyen chauffé au gaz (consommant 12 160 kWh de gaz par an). Cela équivaut à 3,9 % de la facture annuelle de 1 525 € au prix repère du gaz alors en vigueur au 1ᵉʳ juillet 2024.
Les fournisseurs de gaz achètent leurs capacités de stockage lors d'enchères annuelles encadrées par la CRE, garantissant des volumes adaptés aux besoins réels. L'ATS comble la différence entre le budget nécessaire et le revenu maximal autorisé. Les gestionnaires de réseau de transport reversent ensuite cette part aux opérateurs de stockage. En cas de dépassement des recettes autorisées, les opérateurs doivent rembourser l'excédent.
Les taxes et contributions
Les taxes et contributions, collectées par les fournisseurs, sont de trois ordres.
L'accise sur le gaz naturel
Depuis le 1er février 2026, le taux normal de l'accise sur le gaz naturel combustible (anciennement TICGN - Taxe Intérieure sur la Consommation de Gaz Naturel) est de 16,39 € par MWh en 2026. Cette accise a sensiblement augmenté ces dernières années mais reste inférieure à celle pesant sur l'électricité (30,85 €/MWh pour les ménages), ce qui fait l'objet de nombreuses critiques dans le cadre de la transition bas carbone.
Cette accise compte pour environ 14 % de la facture moyenne d'un particulier se chauffant au gaz naturel.
Recettes de l'accise sur les gaz naturels
Les chiffres de 2025 sont des prévisions des recettes de l'accise sur l'électricité et l'accise sur le gaz naturel - Source : Guide 2025 sur la fiscalité des énergies - Prévisions : Assemblée Nationale / Voies et moyens tome 1 - Graphique : Selectra
Milliards d'€ par an
La CTA
La CTA (Contribution Tarifaire d’Acheminement) est un prélèvement forfaitaire applicable à l’ensemble des consommateurs de gaz. Elle permet de financer l'assurance vieillesse du régime des industries électriques et gazières.
Elle est calculée de la manière suivante (part distribution et part transport) selon le médiateur de l'énergie : CTA = [Quote-part distribution du client] x (20,80 % + [Coeff. de proportionnalité] x 4,71 %). Le coefficient de proportionnalité est fixé à 83,21 depuis le 1er juillet 2025.
La TVA
La TVA s’applique à un taux de 20 % sur la part fixe (abonnement, depuis le 1er août 2025, auparavant, le taux était de 5,5 % sur cette partie) comme sur la part variable de la facture (consommation).
L'accise et la CTA sont elles-mêmes soumises à TVA.
Historique
Suite à l’ouverture des marchés à la concurrence impulsée par l’Union européenne, les consommateurs ont eu la possibilité de choisir librement leur fournisseur de gaz en France depuis le 1er juillet 2004 pour les consommateurs professionnels et depuis le 1er juillet 2007 pour les particuliers.
Les tarifs réglementés ont subsisté jusqu'en juillet 2023 pour les particuliers, suite à une décision du Conseil d'État statuant que les dispositions réglementaires concernant les tarifs réglementés de vente du gaz naturel étaient incompatibles avec le droit européen.
Dans le passé, les tarifs réglementés étaient décidés par le gouvernement et seuls Engie et les ELD pouvaient vendre cette offre, qui servait aussi de « signal prix » sur le marché. Or le gouvernement a, à plusieurs reprises, gelé ou plafonné le montant de ces tarifs réglementés, en ne répercutant pas les hausses tarifaires calculées et proposées par la CRE. Cela a eu pour effet de modifier le « signal prix » auprès des consommateurs qui ne reflète plus les coûts réels supportés par les fournisseurs et de rendre moins compétitives les offres des fournisseurs alternatifs.
Prix repère et évolution des prix
Désormais, ce signal prix est donné par le prix repère de la CRE(5). À la différence des tarifs réglementés, ce n'est qu'un indicateur et pas une offre commercialisée.
En mars 2026, le prix repère gaz pour un foyer chauffé au gaz en zone 1 (à Paris par exemple) est de 0,1051 € par kWh consommé, couplé à un abonnement annuel de 343,92 €.
À noter que les prix varient d'une zone tarifaire de gaz à l'autre, puisque l'éloignement des lieux de consommation avec les réseaux de transport et de distribution ainsi qu'avec les centres de stockage est répercuté sur la facture.
Au cœur de la crise énergétique en 2022, la plupart des fournisseurs avaient fortement augmenté leurs prix. À tel point que le tarif réglementé, qui existait encore à l'époque, était devenu une offre de refuge. Aujourd'hui, certaines offres sont moins chères encore que l'indicateur que constitue le prix repère.
En mars 2026, la guerre au Moyen-Orient fait craindre une forte hausse des factures de gaz des ménages en mai 2026. Pour les ménages dont le contrat est indexé sur les cours mondiaux du gaz, les tarifs évoluent avec un décalage d'environ deux mois : les prix de mars se répercuteront donc en mai, a ainsi expliqué Emmanuelle Wargon, la présidente de la CRE, le 20 mars 2026 sur RMC. Selon elle, la hausse ne sera « pas gigantesque », car « mai, ce n'est pas la saison du chauffage [...] quand on se chauffe au gaz, les deux tiers de la facture, c'est le chauffage lui-même ».
Interrogée sur une possible augmentation d'environ 15 % à cet horizon, la présidente de la CRE a répondu que cela serait « dans cette zone-là »,
🎙️ "La hausse du prix du gaz n'aura pas d'impact sur le prix de l'électricité en France", rassure Emmanuelle Wargon, Présidente de la Commission de Régulation de l’énergie#ApollineMatinpic.twitter.com/M8g5pybcoC
— RMC (@RMCInfo) March 20, 2026









