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Centrale à charbon de Cordemais : fermeture ou reconversion en centrale biomasse ?

La centrale de Cordemais exploitée par EDF a longtemps fonctionné comme centrale bi-énergies fioul-charbon. Le premier groupe de 600 MW mis en exploitation en 1970 fonctionnait au fioul, puis deux groupes au fioul de 700 MW chacun ont été mis en service en 1976, rejoints en 1983 et 1984 par deux groupes au charbon de 600 MW chacun.

Avec une puissance totale de 3 200 MW, c’était la plus grosse centrale thermique à combustible fossile de France. Le premier groupe, passé au charbon, est arrêté en 1995, un groupe au fioul a suivi en 2017. Le second groupe au fioul doit lui-même être arrêté en 2018. Seuls continueront ainsi à fonctionner deux groupes au charbon de 600 MW, qui ont d’ailleurs été largement rénovés afin de réduire fortement, voire de supprimer quasiment toutes les émissions de particules fines, d’oxydes et dioxydes de soufre et d’oxydes d’azote.

La centrale devait fonctionner jusqu’en 2035 mais la décision politique de fermer toutes les centrales à charbon d’ici 2022 modifie la donne. Pour éviter cette fermeture, certains souhaiteraient convertir la centrale au charbon de 1 200 MW en centrale charbon-biomasse, voire totalement biomasse à terme.

Cette proposition rencontre l’approbation de certains milieux mais est contestée par d’autres. Listons ici les arguments en faveur du maintien en service de la centrale et ceux en faveur de sa fermeture. Nous verrons sous quelles conditions ce maintien pourrait être justifié.

Transformer Cordemais en centrale charbon-biomasse, une option défendable…

Les arguments en faveur d’une conversion de la centrale de Cordemais sont au nombre de 6.

1) Cela permettrait de maintenir des emplois sur le site (un peu plus de 400) et, par ricochets, des emplois indirects (prestataires d’EDF) et induits dans la région (200 à 250 environ). À cela s’ajouterait la collecte de taxes locales qui pourraient disparaître ou être au moins fortement réduites en cas de fermeture de la centrale.

2) Cette centrale est nécessaire à l’équilibre du réseau de transport d’électricité (RTE) en Bretagne. La région ne produit actuellement guère plus de 15% à 20% de sa consommation d’électricité. En période de pointe, l’hiver, l’équilibre du réseau requiert de disposer d’une source de production dans la région de Nantes et la fermeture de cette centrale rendrait l’équilibre plus difficile.

3) La co-combustion bois-charbon a fait ses preuves, notamment aux États-Unis mais aussi dans les pays européens. Les États-Unis comptent aujourd’hui plus de 400 centrales à charbon de plus de 250 MW de puissance(1). Le poids du charbon dans la production américaine d’électricité a certes fortement chuté depuis 10 ans, passant de 50% à environ 30% en raison de la forte pénétration du gaz naturel. Le très bas prix du gaz de schiste a évincé le charbon américain, pourtant traditionnellement bon marché. De nombreuses centrales à charbon (environ 40) ont fait le pari de la co-combustion bois-charbon.

C’est aussi le cas en Europe, notamment au Royaume-Uni (centrale de Drax). Ces centrales utilisent des pellets de bois dans une proportion variable (10 à 50% selon les cas). Cela a permis d’améliorer le bilan carbone des centrales en fonctionnement et aussi parfois de relancer l’activité forestière dans un contexte où le développement du numérique a stabilisé, voire réduit la demande de papier.

4) La co-combustion biomasse-charbon améliore le bilan carbone puisque la biomasse peut être considérée, sous certaines conditions, comme une énergie durable, voire renouvelable. La biomasse (pellets de bois par exemple) participe à la lutte contre les émissions de gaz à effet de serre dans la mesure où le CO2 dégagé par la combustion des bioénergies est compensé par le CO2 absorbé par les végétaux lors de leur croissance. On parle de « neutralité carbone » (le carbone émis est en fait plutôt « neutralisé » par la séquestration initiale).

De plus, la récupération du biogaz issu de la méthanisation des déchets permet de capter du méthane dont l’effet de serre est très supérieur à celui du CO2. Mais pour que cette opération soit renouvelable et durable, il faut que le volume de bois consommé soit compensé par un volume équivalent de bois planté.

Notons aussi que la part de la biomasse dans la production de Cordemais peut être progressivement augmentée (passant de 10 à 80% à terme), ce qui réduirait d’autant les émissions de CO2 liées à l’utilisation du charbon. Notons aussi qu’à la différence des renouvelables intermittentes la biomasse est une énergie « propre » qui se stocke, ce qui est un atout pour faire face aux fluctuations de la demande d’électricité et éviter un black-out en cas de pointe le soir en période de froid (absence de soleil et de vent). Si on utilise les déchets de la région pour produire cette biomasse, on entre dans la logique d’économie « circulaire » et on transforme une externalité négative (les déchets qui ont un coût de gestion) en un produit valorisable (un combustible) ;

5) La fermeture de la centrale de Cordemais ne réduirait les émissions de CO2 du secteur électrique français que très modestement (le charbon ne compte que pour 1,8% du mix électrique français en 2017). Rappelons que la production française d’électricité est décarbonée à près de 90% (grâce au nucléaire, à l’hydraulique, à l’éolien et au solaire). À défaut, on risque d’importer de l’électricité allemande aux heures de pointe, qui, elle, est fortement carbonée (50% environ de la production allemande d’électricité est carbonée : 40% du fait du charbon et du lignite et près de 10% du fait du gaz naturel et accessoirement d’un peu de fioul).

6) Le poids du charbon dans la production mondiale d’électricité est de l’ordre de 40% et de nombreux pays vont chercher à réduire les émissions de CO2 en convertissant leurs centrales à charbon en centrales biomasse-charbon, ceci en attendant la maturité des technologies de capture et du stockage du CO2 (CCS). Opter pour la conversion partielle de Cordemais en centrale biomasse c’est, pour l’industrie française, une opportunité d’acquérir une compétence technologique valorisable sur le plan international.

Renoncer à la conversion donc fermer la centrale, un choix qui se défend aussi…

Les arguments en faveur d’une fermeture de la centrale sont au nombre de 4.

1) Le premier argument tient au fait que les pouvoirs publics, suite à la COP21, ont décidé de fermer toutes les centrales à charbon, décision récemment confirmée par le Président de la République qui veut que les centrales à charbon encore en activité soient fermées au terme de son mandat. Les derniers scénarios de la DGEC confirment cette option et optent même pour une forte réduction de la place du gaz naturel (pourtant deux fois moins émetteur de CO2 que le charbon) dans la production d’électricité comme au niveau de la consommation finale.

Pour certains, la conversion en centrale biomasse-charbon (10 à 20% de biomasse seulement) est un moyen détourné de maintenir en activité les centrales à charbon. Ne vaut-il par ailleurs pas mieux fermer une centrale à charbon plutôt qu’une centrale nucléaire comme le prévoit la loi qui anticipe une baisse de la demande finale d’énergie, voire de la demande d’électricité ?

2) L’augmentation programmée du prix du carbone (aussi bien la taxe carbone que le prix du CO2 sur le marché européen des quotas, suite à la réforme en cours) va pénaliser de plus en plus les énergies carbonées et la compétitivité des centrales utilisant des combustibles fossiles (en particulier le charbon) est de fait structurellement compromise.

3) Utiliser de la biomasse issue des déchets est louable mais la quantité collectée dans la région sera-t-elle suffisante pour alimenter la centrale ? Les coûts de collecte risquent d’être élevés si la production de déchets est décentralisée. Si la biomasse est importée de l’étranger, comme c’est le cas à Gardanne (importation du Brésil), le bilan carbone de l’opération sera douteux du fait du transport du combustible. Il faut de plus évacuer les cendres produites par la combustion, un volume qui peut certes être en partie valorisé dans l’industrie du BTP mais dont le solde doit être enfoui.

Rappelons que la centrale à biomasse de Gardanne d’une puissance de 150 MW consomme plus de 850 000 tonnes de bois chaque année, en grande partie (50%) importées. Il faut en outre s’assurer que la biomasse utilisée n’entre pas en compétition avec des usages alimentaires, en France comme à l’étranger. Dans le cas où il s’agit de bois, il faut vérifier que les coupes réalisées dans la forêt seront compensées par de nouvelles plantations. L’expérience controversée de Gardanne peut servir de contre-exemple. De plus, si la conversion de centrales à charbon en centrales biomasse se généralise dans le monde (projets en Chine notamment), il y a un risque de voir le prix de la biomasse importée s’envoler dans les prochaines années.

4) Plutôt que de convertir Cordemais en centrale biomasse, ne faudrait-il pas opter pour une solution alternative : centrale à gaz à cycles combinés ou plusieurs centrales solaires et éoliennes ?

Éléments de conclusion

Le choix en faveur de la première option présentée (conversion partielle à la biomasse) suppose d’élaborer plusieurs scénarios faisant intervenir le prix spot de l’électricité (prix de vente du kWh à la sortie de la centrale), le prix du gaz naturel (qui peut être un concurrent) sur le marché international, le prix du charbon importé, le prix de la tonne de CO2 sur le marché des quotas, le coût d’accès à la biomasse qui sera utilisée (biogaz issu de décharges, ressources forestières, etc.), la sécurité des approvisionnements en combustible, etc.

Le prix de la tonne de carbone va jouer un rôle déterminant puisque cette centrale continuera à utiliser une proportion non négligeable de charbon si on opte pour sa conversion. Il faut tester la compétitivité du kWh dans ces divers scénarios et mener une ESE (évaluation socio-économique) prenant en compte les retombées macroéconomiques à l’échelle régionale et nationale (sur l’emploi, la fiscalité, l’environnement).

Ce choix est-il créateur de valeur ajoutée ? L’ESE doit être menée par référence à une situation contrefactuelle qui serait la fermeture de cette centrale. Si la centrale permet de recycler des déchets dont la gestion aurait un coût, il faut comptabiliser le « coût évité » comme un avantage pour le projet. Si elle fait appel à de la biomasse produite localement ou importée, il faut comptabiliser le coût du combustible. Dans les deux cas, les coûts de collecte et de transport du combustible doivent être pris en compte. Il faut aussi mener une analyse de risques pour s’assurer que l’approvisionnement de la centrale en combustible ne sera pas défaillant dans le futur et, notamment, que le potentiel des déchets collectés dans toute la région ouest sera suffisant.

Il est en parallèle indispensable de mener une évaluation minutieuse de « l’empreinte carbone » de cette conversion en quantifiant les émissions de CO2 observées tout au long de la chaîne, qui va de la production de la biomasse et du charbon à l’injection sur le réseau de l’électricité produite. Les émissions de CO2 quantifiées au niveau du transport, de la transformation et du stockage de la biomasse doivent évidemment être prises en compte. Il en va de même pour le charbon importé. On peut ensuite comparer le bilan carbone obtenu à la situation présente et à une situation alternative de référence : une centrale à gaz naturel par exemple. Il faut s’appuyer pour cela sur une approche ACV (analyse du cycle de vie) qui tient compte de toutes les émissions (CO2 et méthane) « du berceau à la tombe » du projet.

Pour que le projet de conversion soit économiquement et politiquement défendable, il faut évidemment que l’ESE et l’ACV donnent des résultats convaincants…

Sources / Notes
  1. Future Metrics, « North American Pellet Market Quarterly », vol. 1, Issue 1, March 2018.

Commentaires

Excellente analyse qui illustre la complexité du sujet biomasse.
Pour complexifier encore il faudrait inclure des ACV et ESE sur les autres options qui permettraient d’eviter l’isolement énergétique et l’impact emploi de la Bretagne (éolien, solaire).
Eolien et solaire n'apporteraient pas plus de 20 emplois sur le site. Face aux 400 + soustraitants, l'affaire n'est pas vraiment bonne pour l'emplois par rapport a sa fermature pure et simple. le cout du solaire serait si faramineux que je n'en vois pas l'intéret
Si l'objectif de la fermeture des centrales à charbon est de réduire les émissions de CO2, il faut se rappeler que la combustion de biomasse produit au moins autant de CO2 que la combustion du charbon. Cette évidence est souvent occultée ou ignorée.
Quand la biomasse est du biogaz, cela permet quand même de valoriser des déchets et d'éviter des émissions de CH4
Sauf que quand on se met a produire du mais pour remplir les méthaniseurs comme en Allemagne, le bilan est catastrophique et concurrence alimentaire est bien pire que le bois ou les déchets biologiques de toutes sortes.
Ce ne sont plus alors des "déchets", mais des cultures dédiées, qui n'ont en effet pas lieu d'être
Tout à fait d'accord mais il faut de la biomasse exclusivement bretonne. Il ne s'agirait pas d'incinérer les déchets des pays "déforesteurs" du reste de la planète, ce que l'on peut comprendre quand on lit qu'à Gardanne on importe de la biomasse.
@Pascal Quentin : Cette méga centrale à Biomasse de Gardanne consomme 850.000 tonnes de bois /an pour fournir 6% de la production d'électricité de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur.
La moitié de l'alimentation de cette centrale est constituée de bois issu de coupes forestières, l'autre moitié provient de résidus d'élagage et de déchets de bois.
La seule fourniture de bois régional ne suffit donc pas à couvrir les besoins de cet ogre qui absorbe un million de tonnes de bois par an. Ce qui excède largement les capacités de production de bois énergie de PACA estimées au mieux à 700.000 tonnes/an.
Cela sera pareil pour la future centrale à Biomasse de Cordemais .
On sera obligé d'importer du bois et des déchets de bois des autres pays , au détriment des forêts de la planète. On multipliera les trajets en camion et les émissions de polluants dans l’atmosphère...
La forêt bretonne avec ses déchets et ses coupes ne suffira jamais à faire tourner cette centrale...
Le recours à la biomasse se fait de plus en plus à travers le monde. Il s’agit de fausses solutions écologiques qui sont de véritables menaces pour la planète , de la même façon que les agro-carburants.
Est ce que plus simple et efficace ne serait pas le remplacement de cette centrale par une centrale nucléaire ? Qui pourrait réutiliser les réseaux HT, le refroidissement de la Loire , diminuer l’empreinte au sol, éviter la déforestation ici ou ailleurs, annuler la noria de camions de biomasses ? Le bilan économique et surtout écologique doit être bien meilleur , non ?
@Blairiot : Une centrale nucléaire avec ses déchets , ses risque d'accidents et d'attentats n'est pas la meilleurs solution surtout quand le climat se réchauffe et que les étés se font de plus en plus brûlants.
Les gens se sont battus , autrefois, pour éviter l'implantation d'une centrale nucléaire à Plogoff, ce n'est pas pour en construire une à Cordemais. Si vous voulez éviter une levée de boucliers comme pour l' aéroport de Notre- Dame- des- Landes, il vaut mieux oublier ce projet..
- Quant à la l' implantation d'une centrale à biomasse sur le site de Cordemais, Nicolas Hulot était contre car la structure est trop grosse. La biomasse n'est pas neutre même si son bilan carbone est favorable (CO2). Cette combustion émet des polluants nocifs pour la santé :
-Des particules fines (PM 10),
-Des oxydes d’azote (NOx),
-Des Hydrocarbures Aromatiques Polycycliques (HAP).
Effectivement, dans une centrale à Biomasse , on utilise des déchets de bois mais , quand les déchets manquent, on peut aussi s'attaquer au forêts ( Voir la mégacentrale à Biomasse de Gardanne .)
On aura du mal à sauver la chèvre et le choux , les emplois et la planète .
Le solaire pourrait être la solution ??
Oui bien sûr tout projet de génération électrique a des impacts mais quelques kilos de déchets nucléaires très dangereux longtemps mais contrôlables du fait de leur empreinte réduite ( en surface ou subsurface) me paraissent bien moins dangereux que des centaines de tonnes de cendres; les particules fines liées aux fossiles ( charbon polonais ou allemand ou fioul -gas-oil du transport) sont déjà un tel problème de santé publique en Europe ... arrêtons les frais avec de la biomasse qui sera pire.
Le solaire est une belle solution qui consiste á déplacer les problèmes vers les pays fabricant le silicium. Le silicium n’existe pas à l’état naturel et doit être généré à partir de silice (Quartz, sable) . Cela consiste à porter à très grand température (3000 degrés) un mélange de silice et de...charbon d’où la présence massive de la Chine dans cette chaîne du silicium. Cette combustion génère deux fois plus de CO2.que de silicium... et qu’il faut aussi ensuite purifier avec de l’eau.
Question intéressante.

Est ce qu'on ne devrait pas considérer aussi le rendement faible de ce type de centrale (~30%, les 70% restant de l’énergie potentielle partant en chaleur). Dans un objectif d'efficacité énergétique, il semblerait plus pertinent d'utiliser ce type de ressource dans des installations de type cogénération où on valorise également la chaleur...

Oui, mais ou stockez vous le volume pour une puissance de 2 x 600 MWe ????

Vos centrale cogénération ,ne peut faire plus de 150 MWe et 300 MWth. et encore je suis large. Et, puis ou mettez vous les cendres ???? Cette centrale a charbon a déjà un parc a cendre, un parc a charbon qui permet l'entreposage sans mordre/artificialiser davantage de nouvelles surfaces, des lignes hautes tension ,des personnels qui ont ds années de REX sur les machines....

je trouve que l'aspect surfaces et pollutions olfactive est évité dans cette questiond e cogénération.
la cégé, c'est bien, mais en campagne dans des maisons individuelles. ne ville c'est une joria de camions, de l'artificialisation de surfaces pour stocker (ne pas oublier la densité massique), et enfin, vous allez rejeter des suies, des Nox, et des SOx que cette centrale de Cordemais filtres déjà massivement depuis 10 ans an fabricant du gypse (platre) a partir du calcaire.

Une centrale de chauffage est en service a Nantes, mon voisin qui travaille chez Coffely (gère des réseau de chaleur et de froid) et qui est responsable de cette centrale m'a dit qu'en plein hiver il faut 9 semi-remorque 38 Tonnes par jour pour la faire tourner la bousine !
Combustion de biogaz, combustion de gaz naturel... Ils sont tous deux principalement constitués de méthane, émettent-ils les mêmes gaz à effet de serre ? A part leur obtention différente, l'un est-il préférable à l'autre en termes de combustion et de GES ?
les deux contiennent aussi bcp de CO2 selon les gisements et ou la biomasse que vous mettez dans le méthaniseur. La méthanisation doit être contrôlée et si tu ne met pas de sucre ou de gras dedans, bah t'as peu de méthane et bcp de CO2 ... Cf les études de l'ADEME a ce sujet

Un gisement de gaz peut te ressortir plus de 80% de CO2 avant d’être "raffiné". Concrètement le CO2 est rejeté directement le plus souvent dans l’atmosphère sauf contrainte du territoire ou il est extrait. Comme la Norvège qui a exigé que Total remette le CO2 dans le sous-sol.
Si le biogaz est considéré comme une énergie propre et renouvelable, cela signifie que son obtention et sa combustion sont faibles en CO2
Total n’est pas opérateur en Norvege et les deux seuls gisements où le CO2 est réinjecté (CCS) sont Snovhit ( dans l’arctique) et Sleipner ( en mer du Nord) tous les deux opérés par EQuinor ( ex Statoil).
Total, Shell et EQuinor ont lancé un vaste projet de capture et stockage géologique de CO2 provenant d’usines européennes mais je crois que c’est loin d’etre Fait ! Même si le petit pilote de Total réalisé en Béarn a bien marché il concernait environ 50000 tonnes de CO2 ! Les émissions mondiales sont de 40 Milliards de tonnes... mais enfin il faut bien commencer !
L'idéal serait d'en faire un site de recherche sur les Small Modular Réactors (SMR) et convertir le site en Installation nucléaire de BASE, mais la région et la propagande antinucléaire nationale et internationale ne se prêtent pas vraiment a cela ... Pourtant la Bretagne aurait bcp a y gagner...

Tout est prêt pour cela dans la région et DCNS pourrait gérer ce projet.

mais les bretons adorent le gaz naturel liquéfié importé pare qu'elle a PEUR de l'atome civil (mais pas du militaire ...). Il suffit de regarder ou sont les terminaux méthaniers ...

il y a la place pour le gaz une fois que les cuves a fioul seront détruites.
Je milite pour cette transition écologique de Cordemais ( et du Havre) puisque en plus de votre démonstration, j'aimerais ajouter deux points : primo, la centrale qui fonctionne autour des 4000h aujourd'hui ne devrait tourner qu' hauteur de 800h ( d’où moins de biomasse) et secundo, la biomasse pourrait, si les études le permettent et les verrous réglementaires sont levées, être issue de bois de classe B. Dans ce cas, les gisements sont immenses, aujourd'hui les collectivités locales paient un opérateur pour l'enfouir bien souvent dans les sols. Ce serait une véritable économie circulaire.
Pourquoi tant d'efforts et de discussion et d'investissement pour une centrale fonctionnant 800h pr an ? Bonjour le prix du kwhe. Bois de classe B un peu plus compliqué en terme de traitement sot des fumées de combustion, soit de l'eau de traitement du syngas, mais rien d'insoluble. Tout à fait accessible à des petites centrales de 1 MWe/1,6 MWth disséminées sur l'ensemble de la région. Je parlais ci dessous de coupler ces petites cogénérations avec des réseaux de chaleur de tailles adaptées, mais on pourrait faire des petits réseaux de froid et de chaud et au contraire pouvoir justifier ainsi plûtôt 6500h/an de marche. Quelle est le territoire qui ne serait pas fier d'accueillir ces petites centrales fonctionnant évidemment à 100% avec du bois, plus du tout de charbon mais éventuellement d'autres combustibles. Stupide ? Peut être, démontrez le moi.
1200 Mwe avec de la biomasse, c'est peu ou prou la même chose que Gardanne, donc tout sauf une solution écologique. Produire 1200 MWe d'un seul coup, ça veut dire rejeter envron 1600 MWth aux petits oiseaux, pas rien d'une part et un rendement assez mauvais d'autre part (trouver un utilisateur de 1600 MWth est de l'ordre du fantasme. Si ce n'était pas vrai, on ferait de la récupération de chaleur sur les tranches nucléaires). Par contre, la biomasse se maitrise tres bien en petites puissances et qui dit petite puissance électrique dit petite puissance thermique à dissiper pas de difficulté à trouver des petits consommateurs de chaleur quitte à en créer (petits réseaux de chaleur). Tout ça porte un nom : cogénération et énergie décentralisée avec pleins de retombées positives sur l'emploi, bien davantage qu'un gros sire de 1200 MWe. Alors en forçant le trait je dirais que 1200 centrales de 1 MWe/1600 kWth est une solution bien meilleure que 1x1200 MWe sans récupération de chaleur. moins de risque, acceptation sociale sans probléme, respect de la filière d'appro, réduction des transports de déchets, respect des infrastructures publiques, bien mieux en création d'emploi et bien mieux en rendement global. Alors, elle est de quel côté l'utopie ?

AFPparue le 17 janv. 2019 à 11h48

Produire de l'électricité à partir de biomasse à la centrale de Cordemais coûterait nettement plus cher (+70%) qu'à partir de charbon, ce qui nécessiterait des subventions de l'État, selon une contribution du conseil économique social environnemental (Ceser) des Pays de la Loire.

Le projet "Ecocombust" de reconversion de la centrale à charbon de Cordemais (Loire-Atlantique) en centrale biomasse nécessite en effet la construction d'une usine de fabrication de granulés à partir de déchets de bois et de végétaux. "Des améliorations techniques" sont en outre nécessaires pour permettre à la centrale de brûler 100% de biomasse, contre 80% dans les derniers tests réalisés par EDF, selon cette contribution rédigée par Gwénaël Plagne, délégué syndical CGT d'EDF.

L'investissement porterait sur "quelques dizaines de millions d'euros", ont précisé des responsables d'EDF entendus par le Ceser. Et l'électricité produite coûterait "aux alentours de 120 euros" du mégawattheure (MWh), contre environ 70 euros/MWh pour la production à partir de charbon.

Ce coût est supérieur à celui de l'éolien (de 57 à 91 euros/MWh selon les modèles), "mais se rapproche du coût de l'électricité qui sera produite via le futur (réacteur nucléaire) EPR de Flamanville (estimé entre 110 à 120 euros/MWh)", selon la contribution de Ceser.

Pour asseoir son modèle économique, la centrale de Cordemais fonctionnerait essentiellement pendant les pics de consommation, pendant lesquels le prix de l'électricité peut dépasser 120 euros/MWh. "EDF défend qu'avec ce mode de fonctionnement et des subventions au minimum au lancement du projet, l'équilibre économique pour l'industriel serait tenu, sous réserve d'une diminution de quelques dizaines d'emplois", écrit Gwénaël Plagne.

Sur le plan environnemental, la reconversion "devrait permettre, selon EDF, de diviser par 25" les émissions de gaz à effet de serre de la centrale", même en conservant 20% de charbon dans le combustible, ajoute-t-il.

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Commentaires
Michel
17 janv. 2019 – 18:29
Cette dépêche est étonnante, prenant pour argent comptant ce que dit le CESER qui n'est en rien une instance d'expertise mais se trouve être un lieu de confrontation de parties intéressées. Ce qui est étonnant, ce n'est pas tant le coût du Mwh de biomasse. Il est évidemment compréhensible que la CGT Cordemais se batte pour garder le site. Ensuite il y aura une décision politique, prenant en compte de nombreux éléments, pas que ceux relatifs au coût du Mwh, au coût d'investissement, et à l'emploi sur le site.

Par contre l'AFP se montre encore une fois border line sur les infos qu'elle diffuse, ce qui est gênant quand on sait que la plupart des médias copient-collent ses dépêches en se contentant d'ajouter "avec l'AFP". Ce qui s'apparente à une action de propagande qui ne dit pas son nom c'est de suggérer que le coût du nucléaire par EPR serait de 110 à 120 € par MWH. Alors, oui, il est écrit "de Flamanville" et on sait que cette tête de pont coûte cher. Avant les derniers retards le coût de cet EPR1 était avancé à 90 €/MHW. Ce sera probablement en 90 et 100, sûrement pas entre 110 et 120. Par contre le mensonge par omission c'est d'oublier de dire que la fourchette estimée de l'EPR de série est entre 60 et 70. La cour des comptes a retenu la fourchette haute (70) dans son rapport. Je sais bien que quand on veut tuer son chien on dit qu'il a la rage, mais on serait en droit d'attendre un peu plus de déontologie et de rigueur de la part de l'AFP.

Dernier commentaire. La solution que j'ai exposée à demi-mot ci dessus et qui passe par des petites cogénérations biomasse fonctionnant avec des plaquettes forestières (pas de construction d'usine de granulés qui sont trop chers et destinés à des applications domestiques plutôt qu'industrielles) est basée sur des gazogenes 100% français (déclinaison moderne d'un gazogene qui a déja tourné dans les années 80. L'apport des outils informatiques de controle cde a facilité bien des choses. L'appareil a été développé à quelques kms de Lorient par des personnes expérimentées. Je tente depuis plus d'un an d'en vanter les mérites sans autre résultat qu'u petit succès d'estime. !!!!???. L'electricité est produite dans un groupe électrogene entrainé par un moteur à gaz industriel adapté à la nature du gaz (bas pouvoir calorifique) comme il en existe (ou existait) des milliers en service en France depuis les années 90 où s'était épanouie la cogénération gaz naturel ce qui a permis de développer un savoir faire d'ingenierie , d'installation et de maintenance qui existe encore. Si on lui donnait une nouvelle chance de se redéployer ?

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