Rénovation énergétique : le point sur les « passoires énergétiques »

  • AFP
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En France, plus d'un ménage sur dix vit dans un logement énergivore et considéré comme une "passoire énergétique". Pour réduire l'empreinte carbone du secteur résidentiel, l'État incite les propriétaires à la rénovation avec des aides et l'interdiction petit à petit de louer les logements les plus énergivores.

Depuis 2018, le gouvernement recense les diagnostics de performance énergétique (DPE) réalisés et qui donnent une note de A, pour les logements les plus performants, à G, pour les plus énergivores. Sont considérés comme des passoires énergétiques les logements classés F et G au DPE.

Combien de passoires énergétiques ?

Au 1er janvier 2024, le service des données et études statistiques (SDES) du gouvernement a recensé 5,8 millions logements classés F ou G, soit 15,6% de l'ensemble des appartements et maisons.

Parmi les résidences principales, 13,9%, soit 4,2 millions, de logements sont des passoires énergétiques, dont 1,75 million de biens classés G et 2,49 millions de F.

Au sein des résidences secondaires, les biens classés F ou G représentent 26,6% des logements, soit 975.276. S'ajoutent enfin 600 975 passoires parmi les logements vacants.

Les logements classés E ne sont pas considérés comme des passoires énergétiques, mais seront interdits à la location à partir de 2034. Ils représentent plus de 8 millions de logements, dont un million de résidences secondaires.

Habitées par qui ?

La majorité des résidences principales classées F ou G est habitée par des propriétaires occupants: 61%, soit 2,59 millions de logements.

Tandis qu'au sein du parc locatif privé, l'Ademe dénombre 567.000 logements G et 737.000 logements F. Au total, 15,9% des biens loués par des locataires à des bailleurs privés sont des passoires.

Toujours parmi les passoires énergétiques proposées à la location, 29,3% sont possédées par des propriétaires dont les revenus se situent parmi les 10% les plus riches en France, c'est-à-dire supérieurs à 3.490 euros par mois et par personne. Cela représente 290.000 logements.

Le parc de logements sociaux affiche de meilleures performances énergétiques, avec seulement 7,4%, soit 350.531 logements, de passoires énergétiques.

Quant aux logements E, 1,8 million sont habités par des locataires du parc privé et donc menacés par l'interdiction de location.

Où sont-elles ?

L'Ile-de-France est la région qui compte le plus de passoires énergétiques : plus d'un million de logements, soit 20% des résidences principales.

La Bourgogne-Franche-Comté occupe la deuxième place du classement des régions où la proportion de logements F et G est la plus importante (18,2%), devant l'Auvergne-Rhône-Alpes (15,8%) et ses 507.153 passoires énergétiques.

L'agglomération parisienne compte 1,1 million de passoires énergétiques, soit 20% des résidences parisiennes.

Le profil type d'une passoire énergétique est une maison individuelle de 80 m³, construite avant 1948, chauffée à l'électricité et située dans une agglomération de plus de 100 000 habitants.

Émissions et rénovation

En 2023, le secteur du résidentiel tertiaire représentait 58 millions de tonnes de CO2 émises, soit 16% du total des émissions de gaz à effet de serre de la France.

Entre le 1er janvier 2023 et le 1er janvier 2024, 13% (111 000) de logements F ont été rénovés et sortis de cette classe énergétique et 12% (80 000) des logements G ont été rénovés.

Commentaires

Silicate
le mot passoire est parfaitement abusif et doctrinaire : on a l'impression que 1 millions de français vivent dans des cabanes en planches mal ajustées
Silicate
et si ces logements ils sont chauffés en radiateurs électriques, très couteux, ce ne sont plus du tout des "passoires" ; encore une règlementation sketch
Hélène de la R…
Allez vivre une année complète dans un de ces logements, vous comprendrez mieux leur appellation et vous constaterez qu'en été, le qualificatif de bouilloire thermique est aussi parfaitement adapté.

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