- Connaissance des Énergies avec AFP
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Les fédérations représentant les filières électriques appellent à un "choc fiscal" sur le prix de l'électricité pour réussir le plan d'électrification annoncé par le gouvernement dans le cadre de la feuille de route énergétique de la France.
Toutes saluent la publication de la troisième Programmation pluriannuelle de l'énergie (PPE), présentée par le Premier ministre Sébastien Lecornu jeudi, qui met l'accent sur la relance de la consommation d'une électricité décarbonée en remplacement des énergies fossiles, qui coûtent cher à importer.
Mais selon elles, la réussite de cette transition "suppose un véritable choc fiscal, impliquant une baisse de la fiscalité pesant sur l'électricité, levier qui relève pleinement de la compétence constitutionnelle du Parlement", estime l'Union française de l'électricité (UFE).
"Des décisions ambitieuses - notamment fiscales et réglementaires - seront nécessaires pour faire de la France un environnement réellement favorable à l'électrification", écrit la Fédération des industries électriques, électroniques et de communication (FIEEC).
Le SERCE, le GIMELEC et le SYCABEL, qui représentent les industriels et entreprises de l'électricité, demandent également une réduction de la fiscalité sur l'électricité "en s'alignant sur la recommandation à venir de la Commission européenne d'une neutralisation de l'accise pour les ménages (0EUR/MWh) et de 0,5EUR/MWh pour les entreprises."
L'accise sur l'électricité, principale taxe sur l'électricité en France, est de 25 euros le megawattheure (MWh) en France contre 10 euros pour le gaz. "C'est donc 2,5 fois plus cher", souligne Teoman Bakoglu, délégué général adjoint de la FIEEC.
Il n'y a pas en France "une fiscalité favorable à l'électrification des usages", poursuit-il. "Une entreprise ou un foyer qui est électrifié", pour son chauffage ou sa cuisson, "paye 2,5 fois plus de taxes qu'un foyer qui est au gaz."
"Il faut améliorer ça. Ce sont des décisions qui seront difficiles mais qui doivent être prises" pour réussir le plan d'électrification du gouvernement, déclare-t-il.
Le gouvernement a retenu un amendement dans le budget 2026 supprimant le rapprochement de la fiscalité applicable à l'électricité et au gaz sur les factures d'énergie, mesure qui avait été adoptée en première lecture au Sénat.