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L’éolien offshore veut confirmer son potentiel en Inde

LiDAR éolien en Inde

Le « LiDAR » installé dans le Golfe de Khambhat va effectuer des mesures de vents pendant une durée d’au moins un an. (©FOWIND)

En Inde, des mesures de vents vont être effectuées dans les mois qui viennent dans le Golfe de Khambhat (ouest du pays). Elles permettront de préciser le potentiel de l’éolien offshore dans ce pays, déjà engagé dans un grand programme de développement des énergies renouvelables.

Des mesures pour lancer la filière éolienne offshore

Le consortium FOWIND (Facilitating Offshore Wind In India) a annoncé le 2 novembre avoir mis en service un « LiDAR »(1) (pour « Light Detection and Ranging » en anglais) sur une plateforme au large du Golfe de Khambhat, dans l’État du Gujarat. Ce système incluant un laser va effectuer de nombreuses mesures durant un an, notamment sur la force et la direction des vents, afin de confirmer l’intérêt d’implanter localement des parcs éoliens offshore.

Piloté par le GWEC (association mondiale représentant l’industrie éolienne), le consortium FOWIND(2) vise à identifier des zones favorables au développement de l’éolien offshore dans les États du Gujarat et du Tamil Nadu (sud du pays). Ce programme bénéficie d’une aide de l’Union européenne de 4 millions d’euros(3) pour constituer une plateforme associant acteurs européens et indiens et finaliser une feuille de route pour la filière en 2018.

Les mesures du potentiel éolien grâce au LiDAR constituent « une première étape importante de la longue route pour établir une industrie offshore compétitive en Inde », a indiqué Steve Sawyer, secrétaire général du GWEC. Si aucune date officielle n’est pour l’heure annoncée pour développer les premiers parcs éoliens offshore en Inde, le consortium espère que les premiers projets verront le jour « autour de 2021-2022 ».

175 GW de renouvelables en 2022

Avec plus de 33 GW de capacités éoliennes terrestres installées, l’Inde dispose déjà actuellement du 4e parc éolien dans le monde (après la Chine, les États-Unis et l’Allemagne)(4). Entre avril 2016 et mars 2017, l’éolien a produit près de 46 GWh dans le pays, soit environ 3,2% de la production indienne annuelle d’électricité (avec un facteur de charge moyen de 19,6%). 

L’Inde est engagée dans un grand plan de développement des énergies renouvelables, comme l’atteste son rôle moteur dans l’Alliance solaire internationale aux côtés de la France. Le 3e consommateur mondial d’énergie s’est fixé pour objectif de disposer sur son sol de 175 GW de capacités électriques renouvelables à l’horizon 2022(5), dont 100 GW de solaire photovoltaïque et 60 GW d’éolien (10 GW de biomasse et 5 GW de petite hydroélectricité). Pour rappel, ces puissances doivent être rapportées aux facteurs de charge des installations pour estimer la production associée.

Lors d’une visite à New Delhi fin octobre(6), le directeur de l’AIE Fatih Birol  a souligné que l’Inde avait déjà effectué « des progrès significatifs » en vue de l’atteinte de ces objectifs. Le pays est confronté à de nombreux défis pour satisfaire les besoins actuels et futurs d’électricité de sa population. Depuis 2000, plus de 500 millions d’Indiens supplémentaires eu accès à l’électricité.

La demande d’électricité pourrait encore tripler dans le pays d’ici à 2030. Avec sa façade littorale de près de 7 000 km (soit près de 2 fois plus que la France métropolitaine) et des profondeurs d’eau assez faibles à proximité des côtes, l’Inde pourrait en partie compter sur de futurs parcs éoliens offshore pour relever ces défis.


En octobre 2017, des appels d’offres sur l’éolien en Inde ont fait état d’un coût attendu de production record de 41 dollars par MWh. Ici, le parc de Kutch dans le Gujarat (©Wind Power Works)