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Les monnaies complémentaires au service de la transition écologique

  • Source : La Fabrique Écologique

Les monnaies complémentaires désignent « des dispositifs d’échange locaux de biens, de services et de savoirs, organisés autour d’une monnaie spécifique permettant à la fois d’évaluer et de régler des échanges »(1). La plupart d’entre elles visent à dynamiser l’économie locale et les circuits courts et sont à ce titre qualifiées de monnaies « locales » (comme le Stück à Strasbourg). Mais il existe également des monnaies « thématiques » liées à un objectif, par exemple stimuler la production électrique d’origine renouvelable (Solar Coins pour le solaire), qui ne sont pas nécessairement cantonnées à un territoire géographique.

Dans cette note, la Fabrique Écologique(2) s’intéresse en particulier aux monnaies complémentaires à vocation écologique (MCE) qui ont pour ambition de contribuer à la transition énergétique. Les différentes caractéristiques de ces monnaies sont présentées ainsi que les freins à leur développement et les moyens de les favoriser comme des outils complémentaires des politiques publiques.

Avec la loi relative à l’économie sociale et solidaire (ESS) adoptée à l’été 2014, les monnaies complémentaires disposent aujourd’hui d’une reconnaissance légale. Il reste toutefois entre autres à renforcer la confiance dans ces outils pour que ceux-ci soient adoptés par un nombre important d'acteurs prêts à changer leurs comportements autour d’un objectif environnemental : énergies renouvelables, mobilité douce, recyclage et gestion des déchets, etc. Les monnaies complémentaires sont susceptibles de rencontrer une bonne acceptabilité sociale, en l’absence de la dimension coercitive des outils traditionnels des politiques publiques (taxes, normes, etc.).

La Fabrique Écologique émet dans cette note 3 grandes recommandations à l’attention des acteurs institutionnels (publics ou privés) :

  • accroître la confiance dans les MCE par la mise en place de méthodologies pour évaluer leurs impacts environnementaux (qui ne sont pas clairement mesurés à ce jour) et d’une structure garantissant la crédibilité des porteurs de projet de MCE (label ou certification) ;
  • construire de nouvelles « boucles d’échanges » sur le territoire en intégrant notamment les PME et les collectivités locales dans les MCE pour éviter les « trous » pour les acteurs en bout de chaîne (commerçants payés en MCE sans débouchés) ;
  • inciter les collectivités à contribuer au développement des MCE, par exemple en garantissant les fonds de réserve des monnaies, en versant des subventions avec celles-ci ou en autorisant leur usage pour payer des services publics ou des impôts locaux.

A titre d’exemple, la loi de transition énergétique(2) fixe entre autres pour objectif de réduire la consommation énergétique finale de la France de moitié d’ici à 2050 (par rapport à 2012). Dans cette optique, la Fabrique Écologique indique que des actions de citoyens réduisant leur consommation pourraient être récompensées en monnaie complémentaire. 

Lire l'étude :
Monnaies complémentaires environnementales
Sources / Notes
  1. Définition du rapport Magnen-Fourel de 2015.
  2. Site de la Fabrique Écologique
  3. Loi de transition énergétique pour la croissance verte du 18 août 2015.