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Quel avenir pour les réacteurs nucléaires de 3e et de 4e génération ?

Avant d’aborder la problématique des réacteurs nucléaires de troisième génération et de ceux de la génération future, il me semble utile de rappeler succinctement ce qui caractérise les réacteurs nucléaires producteurs d’énergie (généralement sous forme d’électricité mais pas nécessairement) et quelques faits historiques qui ont marqué leur développement. Cela permettra au lecteur de cette tribune de mieux comprendre la genèse des réacteurs et les raisons qui ont conduit à la situation présente.

Un réacteur nucléaire est la combinaison de trois grandes composantes principales :

  • un « combustible » qui contient la matière fissile permettant d’entretenir la réaction en chaîne. Cette matière peut être de l’uranium naturel (dont la teneur en matière fissile, l’isotope U235, n’est que de 0,7%), de l’uranium plus ou moins enrichi en U235, du plutonium généralement mélangé à de l’uranium, ou plus rarement, de l’U233 (isotope créé à partir du thorium). Cette matière peut être utilisée sous différentes formes physico-chimique : métaux, oxydes, carbures, nitrures, alliages métalliques, alliages de céramiques, etc. ;
  • un fluide caloporteur, appelé parfois réfrigérant, permettant d’évacuer puis de transférer la chaleur produite par les fissions dans le cœur du réacteur. Ce fluide peut être un liquide (eau ordinaire, eau « lourde », métal liquide comme le sodium ou le plomb, etc.) ou un gaz sous pression (air, CO2, hélium, etc.) ;
  • un modérateur qui permet de ralentir les neutrons issus des fissions et d’augmenter ainsi considérablement la probabilité que ces neutrons puissent provoquer de nouvelles fissions. Il en existe principalement trois : le graphite, l’eau « lourde » et l’eau ordinaire (dite aussi eau « légère »). Un point important à noter est que certains réacteurs n’ont pas besoin de modérateur du fait de leur conception, mais ils nécessitent dans ce cas un combustible fortement enrichi en matières fissiles : au minimum 20% en U235 lorsqu’il s’agit d’uranium ou 12% de plutonium lorsqu’il s’agit de mélange plutonium-uranium.    

Historiquement, une vingtaine de filières de réacteurs ont été testées avec des prototypes aux États-Unis, en ex-URSS, en Grande-Bretagne ou en France.

L’association de ces différentes composantes et les choix techniques qui sont faits pour leur mise en œuvre définissent ce que l’on a coutume d’appeler une « filière » de réacteurs. Historiquement, un grand nombre de combinaisons ont été étudiées et une vingtaine de filières ont ainsi été testées sous forme de prototypes dans les pays pionniers de l’énergie nucléaire, à savoir les États-Unis, l’ex-URSS, la Grande-Bretagne et la France. Le Canada s’est également lancé très tôt dans cette aventure mais en concentrant ses efforts sur la seule filière des réacteurs à eau lourde pour des raisons historiques (pendant la Deuxième Guerre mondiale, les premiers stocks d’eau lourde venus de France ont été transférés dans ce pays, avec les scientifiques français travaillant sur ces sujets).

Il se trouve que c’est l’eau légère qui modère le plus efficacement les neutrons, mais qui malheureusement capture beaucoup de neutrons de façon stérile. Il faut donc enrichir l’uranium si on utilise l’eau légère. Par contre, il en faut très peu en volume, ce qui conduit à des réacteurs très compacts, qu’il est possible de loger sur un navire ou même dans une coque de sous-marin. C’est ce qui explique qu’à l’origine les Américains, puis les autres grands pays « nucléaires », ont développé cette technologie des réacteurs à eau. Cette technologie ayant fait ses preuves pour les applications marines (des centaines de réacteurs de ce type ont été construits), elle a réussi à se généraliser pour les applications civiles de l’énergie nucléaire.

Telle est la  principale raison de la très large domination des réacteurs à eau légère aujourd’hui dans le monde, avec une part de près de 90 % du parc mondial en termes de puissance installée. Le reste est essentiellement constitué de réacteurs à eau lourde et de quelques réacteurs à graphite-gaz en Angleterre qui sont proches de leur durée maximale de fonctionnement.

Réacteurs de troisième génération : en finir avec « l’EPR bashing »

Il existe en fait deux « sous-filières » de réacteurs à eau : celle des réacteurs à eau pressurisée (REP) dans lesquels l’eau du circuit primaire est maintenue entièrement liquide à haute température (environ 300°C) grâce à une forte pression appliquée (environ 150 bars) et celle des réacteurs à eau bouillante (REB) dans lesquels l’eau est aussi sous pression mais entre en ébullition à la sortie du cœur du réacteur. Tous les réacteurs français sont des REP et c’est actuellement cette « sous-filière » qui domine le marché. On peut affirmer sans beaucoup de chances de se tromper que cette domination va se poursuivre et même s’accentuer dans les prochaines décennies et que la quasi-totalité des réacteurs nucléaires électrogènes dans le monde seront des réacteurs à eau ordinaire avec, parmi eux, une grande majorité de REP. En d’autres termes, l’émergence de nouvelles filières à une échelle industrielle est clairement exclue à cette échéance.

Dans ces conditions, la concurrence sur les marchés extérieurs s’exerce essentiellement au niveau des variantes technologiques proposées par les constructeurs mais aussi des conditions financières offertes sans oublier d’autres critères plus politiques.

Les progrès ont été tels au cours des deux ou trois dernières décennies que l’on peut légitimement parler de changement de génération.

Dans un tel contexte, les réacteurs dits de « troisième génération » ne présentent pas de véritables ruptures technologiques par rapport à ceux qualifiés de « deuxième génération » en fonctionnement aujourd’hui (conçus pour la plupart dans les années 1970 ou 1980, comme par exemple les 58 REP du parc français). Toutefois, les progrès dans tous les domaines ont été tels au cours des deux ou trois dernières décennies que l’on peut légitimement parler de changement de génération pour les réacteurs à eau légère.

L’EPR (« European Pressurized Reactor ») s’inscrit clairement dans cette démarche et se situe sans aucun doute parmi les meilleurs réacteurs qui sont proposés aujourd’hui sur le marché. Il présente très schématiquement les améliorations suivantes :

  • avant tout, des améliorations significatives en matière de sûreté, à la lumière du retour d’expérience des grands accidents nucléaires qui se sont produits et pour répondre aux nouvelles exigences, souvent très contraignantes, des autorités de sûreté. A ce titre, on peut citer les systèmes de sûreté passifs, de nouvelles redondances multiples et diversifiées, les dispositifs de confinement accrus (double enceinte de confinement), une prise en compte des accidents très graves dès la conception (avec par exemple un récupérateur de « corium » en cas de fusion de cœur dont la probabilité est en outre diminuée d’un facteur 10 ou encore des dispositions empêchant toute explosion d’hydrogène), la résistance aux agressions externes (chute d’avions gros porteurs), etc. Toutes ces mesures conduisent à exclure pratiquement un relâchement massif de radioactivité dans l’environnement qui nécessiterait une évacuation durable des populations voisines, et cela pour toutes les circonstances envisageables, même les plus improbables ;
  • des progrès importants en termes de performances : meilleure utilisation de l’uranium (+ 15%), durée de vie augmentée prévue dès la conception (60 ans pour l’EPR), rendement accru (36%), adaptation à tous les combustibles avec la possibilité pour l’EPR de charger des cœurs en combustible Mox (mélanges d’oxydes d’uranium et de plutonium) à 50% ou même 100%, etc. ;
  • de nombreux gains d’exploitation : disponibilité accrue (> 90 %), réduction des expositions radiologiques des travailleurs, facilités de maintenance, diminution des quantités de déchets, etc.

Ajoutons à cela des dispositions qui sont prises dès la conception pour faciliter les futures opérations de démantèlement. Mais tout cela à un coût. C’est en partie ce qui explique l’augmentation des coûts unitaires entre les réacteurs de deuxième et de troisième génération. Des actions sont toutefois en cours pour essayer de les maîtriser et même de les réduire significativement. Quoiqu’il en soit, même en tenant compte de ces nouvelles données économiques, toutes les études internationales (non partisanes !) démontrent que les réacteurs de troisième génération restent compétitifs vis-à-vis des autres formes d’énergie, renouvelables (hors hydraulique) ou fossiles, tout au moins pour des pays comme la France qui n’ont aucun accès direct aux combustibles fossiles (gaz, charbon, pétrole). D’ailleurs, hors contraintes politiques ou sociales, un bon nombre de grands pays industrialisés ou même en développement vont poursuivre ou vont s’engager dans un programme d’équipement de réacteurs nucléaires de troisième génération.

Certes, l’EPR fait face à des dérives en termes de délais de construction (et donc de coûts) en Finlande et en France. Il serait trop long d’en expliciter les raisons précises ici mais on peut simplement remarquer qu’il s’agit dans chaque pays de « têtes de série » et que des situations analogues se sont produites dans le passé pour presque toutes les réalisations de ce type (ne serait-ce que les premiers réacteurs des différents « paliers » du parc EDF). De plus, le chantier des deux EPR en Chine ne subit quant à lui pratiquement aucun retard notable alors qu’il est en train de s’achever. La technologie des EPR n’est donc pas en cause, n’en déplaise aux détracteurs de ce remarquable produit de très haute technologie dont les qualités rivalisent largement avec celles de ses concurrents.

Il faut, en un mot, en finir avec l'« EPR bashing » comme le disait Philippe Knoche, directeur général d’Areva, dans un article des Echos du 3 avril dernier.

Réacteurs de quatrième génération : la clef d’un développement durable de l’énergie nucléaire de fission

Les études internationales sur ces réacteurs du futur (auxquels j’ai moi-même participé directement comme représentant français) ont été initiées en 2000 dans le cadre d’une organisation appelée aujourd’hui « GIF » pour « Gen-IV International Forum »). Ces travaux ont duré deux ans et ils ont conduit à sélectionner six types de réacteurs (dénommés parfois « systèmes » lorsqu’ils sont associés à leurs installations du cycle du combustible).

Deux d’entre eux sont destinés à des applications spécifiques. Le premier vise à apporter une rupture technologique aux réacteurs à eau en les utilisant dans un état dit « supercritique » qui permettrait notamment d’augmenter leur rendement de façon très significative. Le deuxième type est un réacteur à très haute température destiné à des applications non électrogènes de l’énergie nucléaire (chaleur de procédé à des températures situées autour de 1 000°C). Les quatre autres « systèmes » sont des réacteurs à neutrons rapides (RNR) qui permettent une surgénération de la matière fissile, c'est-à-dire qui produisent plus de matières fissiles qu’ils n’en consomment pour générer de l’énergie.

Les RNR refroidis au sodium apparaissent aujourd’hui de très loin la technologie la plus mature...

Cette faculté exceptionnelle des RNR a été démontrée à une échelle industrielle dans le passé, notamment en France avec les réacteurs refroidis au sodium liquide de grande puissance : Phénix (250 MWe) et Superphénix (1200 MWe). Ce dernier fut arrêté brutalement en 1998 pour des raisons purement politiciennes et dogmatiques alors qu’il commençait à bien fonctionner. La France a alors perdu l’avance technologique incontestable qu’elle possédait au plan mondial.

Les trois autres types de RNR à l’étude dans Gen-IV sont d’une part deux variantes refroidies au plomb (réacteurs testés dans le passé par les Russes dans des sous-marins) ou au gaz, et d’autre part un concept beaucoup plus innovant de réacteur à sels fondus. Il reste que les RNR au sodium apparaissent clairement aujourd’hui, et de très loin, comme la technologie la plus mature capable d’atteindre un très haut niveau de sûreté en répondant aux exigences les plus sévères. Elle bénéficie en effet d’un retour d’expérience déjà très important au travers de la quinzaine de réacteurs de ce type qui ont fonctionné dans le passé dans tous les grands pays nucléaires (États-Unis, Grande-Bretagne, Russie, France, Japon). Soulignons au passage que deux gros RNR au sodium vont entrer en service en Inde (500 MWe) et en Russie (800 MWe).

Le déploiement des réacteurs surgénérateurs ne s’impose pas à court ou même moyen terme.

Néanmoins, dans le contexte actuel où l’uranium est bon marché et où les réserves économiquement exploitables estimées d’uranium sont encore assez élevées (de l’ordre de la dizaine de millions de tonnes), le déploiement des réacteurs surgénérateurs ne s’impose pas à court ou même moyen terme. Mais on sait que les temps de développement et de maturité des filières nucléaires se chiffrent en quelques dizaines d’années et c’est pourquoi il importe de travailler dès aujourd’hui à leur mise au point, en respectant les nouveaux critères de la quatrième génération.

En France, l’engagement sur les RNR reste clair malgré les aléas politiques et même si les objectifs stratégiques ont évolué en termes de calendrier de déploiement et de capacité de surgénération (concepts de réacteurs isogénérateurs, sans couverture radiale fertile dans une première phase). Cet engagement a été réaffirmé au plus haut niveau de l’Etat dans un discours de l'ancien Président de la République Jacques Chirac prononcé le 5 janvier 2006 dans lequel il déclarait avoir pris la décision de « lancer un prototype de réacteurs de quatrième génération » (réacteur Astrid).

Ce projet est d’ailleurs inscrit dans les textes législatifs, notamment dans l’article 5 de la loi sur les orientations énergétiques du 13 juillet 2005 et dans celle du 28 juin 2006 relative à la gestion durable des matières et déchets radioactifs. A cet égard, il est bien établi aujourd'hui que les RNR sont les seuls types de réacteurs nucléaires éprouvés capables de transmuter massivement et efficacement une partie des actinides mineurs (qui forment la majeure partie des déchets radioactifs à vie longue) et que la faisabilité technique de cette opération a été démontrée.

Les actions de la France dans ce domaine s’appuient entre autres sur ses acquis importants en matière de RNR au sodium. Elles s’inscrivent dans le cadre européen du plan intitulé « Strategic Energy Technology » pour lequel les grandes orientations technologiques dans le domaine nucléaire ont été exprimées dans la « Sustainable Nuclear Energy Technology Platform » lancée en 2007. Pour élargir le champ d’investigation sur les RNR, la France travaille également sur les réacteurs refroidis au gaz mais avec des moyens beaucoup plus limités que ceux qui sont consacrés aux réacteurs refroidis au sodium. Quelques travaux sont aussi menés sur les réacteurs à sels fondus qui sont très attractifs mais dont le développement éventuel nécessite la levée de sérieux verrous technologiques.

En définitive, les RNR sont indéniablement la clef d’un développement durable de l’énergie nucléaire de fission. Leur avenir est donc pratiquement assuré à plus ou moins long terme, sauf évènement majeur venant remettre sérieusement en cause le développement de cette forme d’énergie.  


Commentaires

"L'avenir [des RNR] est donc pratiquement assuré à plus ou moins long terme, sauf évènement majeur venant remettre sérieusement en cause le développement de cette forme d’énergie."

Un évènement majeur comme un réacteur à sels fondus qui produit de l'énergie moins chère que le charbon, par exemple ?

https://goo.gl/CENRgC

http://www.moltexenergy.com/thessr/
Bonjour,

Merci pour cet article très intéressant. J'ai plusieurs questions :
- Pourquoi ne mise-t-on pas dès aujourd'hui sur les technologies RNR dans l'optique du renouvellement du parc Français, plutôt que de passer par la case EPR, et alors qu'il a été démontré que la filière pouvait fonctionner avec Superphénix ? Pour des raisons de sécurité ?
- A quelle échéance la filière arrivera-t-elle selon vous sur le marché de façon massive ?
- Où en est-on aujourd'hui sur la fusion ?
Non, comme il l'a écrit plus ahaut dans son article : pour des raisons politiciennes et dogmatiques.

Il suffit de regarder et d'écouter les antinucléaires qui ont un fort pourvoir de nuisance médiatique pour s'en rendre compte. Ces antinucléaires parlent de lobby nucléaire mais ils s'organisent exactement de la même manière en répandant des bilvesets (au minimum) quand ce ne sont pas des contres vérités simplistes que les journaleux n'ont aucun mal a diffuser puisque c'est simple (mais faux) et facile a comprendre pour le "français moyen" dont un bon nombre ne comprend même pas comment fonctionne un moteur thermique et encore moins les loi de Carnot sur la thermodynamique...
Voici les brèves réponses à vos questions:
1 - Les RNR restent pour l'instant PLUS CHERS que les réacteurs à neutrons thermiques actuels (type Gen-III). Les travaux menés aujourd'hui sur les RNR cherchent (entre autres choses) à réduire ce coût des RNR pour qu'ils ne soient pas beaucoup plus chers que les réacteurs Gen-III (disons, pour fixer les idées, un écart inférieur à 20%). Cet écart de prix ne peut être compensé que si l'uranium naturel devient très cher (et rare), ce qui rendrait le coût de l'électricité produite par les réacteurs Gen-III très élevé. Or l'uranium est aujourd'hui bon marché et encore abondant. Bref, le contexte n'est pas propice AUJIURD'HUI à une introduction massive de RNR sur le marché. A mon avis, la situation risque d’ évoluer sensiblement après le milieu de ce siècle, avec une raréfaction des ressources en uranium et donc une tension sur ses prix, qui justifierait le développement des RNR.
2 – FUSION : on achève la construction à Cadarache (Sud de la France) d’une énorme machine appelée ITER, qui est destinée à montrer que des réactions de fusion DURABLES dans le temps peuvent être réalisées. C’est un projet MONDIAL (financé par de nombreux grands pays) et de très longue haleine, extrêmement complexe sur le plan technologique. L’issue est incertaine encore aujourd’hui. Si ça marche (dans plusieurs années…) c’est encore un appareil expérimental qui n’est pas un réacteur puisqu’il consommera plus d’énergie qu’il n’en produit ! Bref la fusion n’est certainement pas pour demain, ni même pour après demain. A la fin du siècle peut être, si tout va bien !

Dominique GRENECHE
En complément des réponses de D.Grenèche, il me semble important d'avoir conscience que le déploiement des réacteurs GIV commerciaux ne pourra se faire que dans des conditions de sûreté équivalentes au standard actuel de l'EPR. Depuis l'ère SPX, les temps ont changé et l'ASN ne manquera pas de durcir la réglementation applicable, notamment en s'apputant sur l'expérience du prototype ASTRID. Il est donc normal de prévoir aujourd'hui le remplacement des GIII par des EPR NM, et non des GIV
Ayant dirigé pendant neuf ans (de 1974 à 1983) le C.E.N. Cadarache, je connais bien tous les moyens qui sont indispensables pour développer un Superphénix. Je dois donc vous préciser (et c'est pour moi un crève-cœur) qu'il ne reste rien ou presque de ces moyens. Il n'y a, entre autres, en France, aucun réacteur qui permette actuellement la moindre irradiation en neutrons rapides. Astrid restera, hélas, un projet fumeux. André Junca.
Il faudrait nous expliquer ce que nous avions et que nous n'avons plus d'abord.
Pour ailleurs les lasers font de très grands et rpaides progrès depuis une décennie. J'en veux pour preuve le projet SILEX étasunien destiné a l'enrichissement en retraitant tous les stock de combustible d'uranium dit "appauvri".

Mais encore, on, pourrait parler de la source de spallation qui sera construite en suède prochainement.
Non vraiment, votre commentaire me parait trop court pour être réel. Vous me semblez juste un peu trop dépité.
Monsieur Junca,

Que vous soyez aigri par l'affaire Super Phénix, je le comprends très bien car moi aussi j'ai vécu cela comme un immense gâchis et même une décision honteuse, contraire aux intérêts de tout le monde (sauf celui de certains politiciens sans scrupule et de dogmatique aveugles). Cela étant, votre affirmation sur ASTRID est purement gratuite et me trouble...
Dominique GRENECHE
Bonjour,
Me permettrez vous quelques réflexions sur le remplacement des tranches actuellement en service ?

Bien des efforts ont été consacrés au développement de l’EPR mais la reconnaissance de ces efforts ne doit pas empêcher de se demander si l’EPR type Flamanville est le bon choix pour l’avenir dans l’environnement industriel et règlementaire actuel.
Parmi les problèmes rencontrés qui ont engendré les dérives de coûts et de délais que l’on connait, quels sont ceux qui tiennent au caractère de prototype de ce réacteur et quels sont ceux qui ont des causes plus profondes ?
Rappelons d’abord que le succès du programme des années 80 peut être attribué à trois facteurs principaux :
- la capacité d’EDF de vérifier avec ses propres codes l’ensemble des calculs de neutronique, thermohydraulique et mécanique effectués par Framatome,
- la capacité de Creusot Loire / Framatome de fabriquer des composants principaux (cuves, internes, GV, pompes primaires) de qualité, sans grande aide extérieure,
- et l’excellence de la maitrise d’œuvre assurée par EDF.
Ces facteurs demeurent essentiels au succès du programme de remplacement, ainsi que la collaboration constructive de l’Autorité de Sûreté.
En matière d’ingénierie, le défi tient à la complexité de la conception de l’EPR (cf problèmes de contrôle commande). Il ne faudrait pas qu’une plus grande sûreté conceptuelle ait un coût démesuré : Rappelons qu’initialement le coût du kWhr de l’EPR devait être de 10% inférieur à celui des tranches actuelles.
En matière de fabrication, il semble que les limites de taille des composants principaux aient été atteintes avec les moyens actuels (cf problèmes de teneur excessive en carbone localement dans l’acier de cuve).
En matière de gestion de projet, il n’y a pas eu de construction neuve à EDF depuis plus de 15 ans, hors Flamanville, et des compétences en gestion de projet ont été perdues qu’il faudra retrouver pour mener à bien les prochains chantiers dans le respect des délais et des coûts. L’organisation industrielle doit également être revue (et simplifiée pour éviter en particulier les cascades de sous-traitance).
Pour retrouver la confiance nécessaire, il importe de lancer rapidement la construction d’un nouveau réacteur, mais pas nécessairement d’un EPR type Flamanville.
Auparavant, une enquête devrait être menée pour établir de façon approfondie les causes des succès des années 80 et des dérapages du chantier de Flamanville et faire des propositions relatives à la conception de l’EPR, à la fabrication de ses composants principaux et à l’organisation industrielle afin d’ assurer le succès du programme de remplacement.
"En matière de fabrication, il semble que les limites de taille des composants principaux aient été atteintes avec les moyens actuels (cf problèmes de teneur excessive en carbone localement dans l’acier de cuve)."

Seulement pour les fond et couvercles de cuve fabriquées par AREVA, mais pas pour ceux fabriqués par Japan Steel pour le réacteur Finlande...

Donc, il est possible d'améliorer les processus des forges du Creusot. Et c'est sans doute ce qui ressortira des rapports faits par des agents extérieurs indépendants prochainement. Wait & See

"L’organisation industrielle doit également être revue (et simplifiée pour éviter en particulier les cascades de sous-traitance)."

Les règles Libérales souhaitées par l'Europe ne disent pas autre chose que l'inverse ! Bonne chance pour leur faire changer les règles maintenant que nous sommes a 27 Pays.

De toutes façon, si je partage votre avis sur le fait qu'il faut démarrer maintenant un programme de remplacement, il reste encore un peu de temps car les réacteurs actuels de notre parc ne sont pas en limite de durée de vie, mais en limite de durée d'amortissement financier. Notez au passage que les antinucléaires qui veulent lutter contre l'obsolescence programmée refusent de voir cette lutte appliquée au réacteur nucléaires du parc français puisqu'ils manipulent l'opinion en confondant volontairement "date de fin de vie" et "date d'amortissement financier". Pour résumer : ils veulent mettre a la poubelle les réacteurs qu'on a tout juste finit de payer ! Un comble !

Et si nous construisons, il faudrait que ce soit des 4G, sinon, nous n'en vendrons jamais ailleurs. les russes sont bcp plus compétitifs que nous avec leurs VVER de puissance équivalente et moins compliquée car moins haut en terme de règles de suretés. D'ailleurs, les finlandais ne s'y sont pas trompés en commandants leurs prochains réacteurs aux Russes.
Je suis en revanche attentifs a ce que fait la chine car ils se placent chaque année un peu plus dans le cycle complet de la mine au réacteur jusqu'au financement. On l'a encore vu avec les réacteurs EPR anglais de Hinkley Point. réacteurs que les autrichiens qui font les malins avec leurs barrages hydroélectriques, voudraient bien faire capoter.

Je pense vraiment que les EPR sont trop compliqués et trop couteux pour la majorité des pays qui en plus n'ont pas les réseaux électriques adaptés pour ce type de réacteurs, mais des réacteurs de palier N4 amélioré avec double enceinte seraient tout a faire adapté a de nombreux pays riches ou en voie de l’être comme l'inde et la chine. Il reste bien l'ATMEA ou le KERENA, mais les allemands ayant quitté le navire AREVA, navire en train de sombrer tout doucement d'ailleurs, je me demande si nous en vendrons un exemplaire autrement que sur le papier. je ne parle m^me pas des "start up" étasuniennes en pleine explosions aux États-Unis dans le domaine du nucléaire.

Comme certains de nos politiques, je pense que l'électronucléaire est une filière d'avenir a plus d'un titre, mais si la minorité politico-médatique actuelle continue de déverser son flot de messages antinucléaires dans la boite a images et sur les ondes en plus d'internet au rythme actuel, je crains que nous devenions fortement dépendants des pays, qui eux, auront fait le choix du développement de cette source d'énergie. La France passera ainsi de pionnière créatrice et créative (notamment dans la G4 comme le dit l'auteur de cet article) a simple cliente. Un gâchis innommable dont les auteurs se défausseront, comme ce que fait chaque fois la classe politico-médiatique, parisienne en particulier.

PS : pardon pour les fautes toussssssaaa
Qu'en est-il des investigations au sujet des taux de carbone différents concernant les assemblages par soudures de la cuve réacteur E.P.R (principalement entre la virole finlandaise et le fond de cuve japonais fabriqué par Mitsubishi)?
Ne risque t-on pas d'avoir des micro-fissures dans la Z.A.T?
Pour mémoire, un article sur ce thème avait été repris par le journal satirique du "Canard Enchaîné".
Bonjour,

Désolé, je ne suis pas assez cette affaire pour pouvoir vous donner un jugement étayé et surtout impartial. Je lis souvent avec délectation le "canard" dont le métier est de blâmer et d'ironiser parfois avec bonheur. Heureusement que de tels journaux peuvent exister et vivre dans notre pays. Cela étant, dès lors qu'il s'agit d'analyses techniques intègres, ce n'est pas ma référence. Chacun son métier.
Cordialement.
Il y a aussi la filière sels fondus au thorium. En fait c'est celle-ci qui a l'air la plus prometteuse pour l'avenir dans les pays développés mais aussi émergeants. Mais la filière EPR Française peut être grandement améliorée également en terme d'efficacité énergétique (recyclage du combustible solide "usé" mais à peine entamé au niveau énergétique) et de réduction drastique de production de "déchets" nucléaires à tous les niveaux (types A, B et C).
Bonjour Monsieur
J'ai écrit de nombreux articles sur le thorium. Certains sont accessibles sur internet : il suffit d'écrire mon nom complet et le mot "thorium" sur un moteur de recherche comme Google. Vous y trouverez même une vidéo d'une conférence que j'ai donnée en 2013 à Genève sur le thorium (durée : 30 mn environ). Par ailleurs j'ai consacré un chapitre complet à ce sujet dans mon gros livre intitulé "Histoire et techniques des réacteurs nucléaires et de leurs combustibles" paru en 2016 chez EDP Sciences (je peux vous en procurer un exemplaire à prix réduit si vous le souhaitez : me contacter à l'adresse e-mail "dgreneche.nuclearconsulting@orange.fr"). Pour ce qui concerne les réacteurs à sels fondus, vous aurez également tous les détails dans l'un des chapitres de ce même livre (avec un historique complet). Enfin, pour les déchets, il serait un peu trop long de vous apporter une réponse ici. Je rappelle simplement que l'essentiel de la radioactivité des déchets (plus de 95 % de toute la radioactivité des déchets de l'industrie nucléaire) résulte de celle des produits de la fission. Or cette quantité de produits de fission est directement proportionnelle à l'énergie thermique produite dans un réacteur quel qu'il soit.

Contactez moi directement par e-mail si vous souhaitez plus d'explications sur ces sujets (ou sur d'autres d'ailleurs).

Cordialement.

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