Vers une envolée des prix du gaz et de l’électricité en 2022 ?

Jacques Percebois et Boris Solier

Jacques Percebois, professeur émérite à l’Université de Montpellier (CREDEN)
Boris Solier, maître de conférences à l’Université de Montpellier, Expert Cyclope

La forte hausse des prix du gaz et de l’électricité depuis le début de l’été 2021 ne constitue peut-être que les prémices d’une hausse soutenue pour les mois qui viennent. Toutes les matières premières agricoles et minérales sont d’ailleurs soumises au même régime et pour les mêmes raisons, la forte reprise économique mondiale tirée par la Chine.

Il convient toutefois de relativiser un peu ces hausses selon l’année de base prise comme référence. En 2020, les prix de l’énergie avaient très fortement chuté en raison de la crise sanitaire. Par rapport à mars 2020, le prix du gaz constaté le 9 septembre 2021 sur le marché de Rotterdam s’est ainsi accru de 233% ; le prix du pétrole a plus que doublé dans le même temps. Mais si l’on prend 2018 comme référence, la hausse est beaucoup moins sensible : les prix du gaz ont certes augmenté d’environ 150% mais les prix du pétrole s’établissent à des niveaux comparables.

Il ne faut tout d’abord pas confondre prix de gros et prix de détail de l’énergie. Si les prix auxquels producteurs et fournisseurs s’échangent l’énergie sur les marchés de gros orientent les prix payés par le consommateur final, ces derniers tiennent comptent également des coûts de transport et de distribution du pétrole, du gaz ou de l’électricité ainsi que des nombreuses taxes(1). Le prix de gros de l’énergie ne joue finalement que sur une petite partie du prix payé par le consommateur.

Il importe également de ne pas confondre prix du gaz ou de l’électricité et facture de gaz ou d’électricité (la facture dépend aussi du volume de gaz et d’électricité consommé). Un hiver très froid augmente la facture même si le prix du gaz n’augmente pas ; le développement du numérique et de la mobilité électrique est de nature à renchérir la facture d’électricité, à prix donné du kWh.

Les hausses de prix de l’électricité et du gaz ont des raisons communes mais elles ont également des spécificités qu’il convient de rappeler. Les marges de manœuvre des pouvoirs publics pour limiter les hausses à venir sont limitées mais elles existent.

Des raisons communes aux hausses de prix du gaz et de l’électricité

C’est la forte croissance économique observée depuis quelques mois, particulièrement en Chine, qui explique la hausse du prix directeur de l’énergie.

À cela s’ajoute la forte progression du prix du carbone sur le marché européen ETS : le prix de la tonne de CO2 est passé en quelques années de 5 à 60 euros (niveau de septembre 2021) et a été multiplié par 4 depuis mars 2020.

Comme une large partie de l’électricité est, dans l’Union européenne des 27, produite avec des énergies fossiles (près de 20% avec du gaz et 13% avec du charbon), toute augmentation des prix du gaz, du charbon et du CO2, se répercute mécaniquement sur le coût de production de l’électricité.

À cela s’ajoute la hausse du prix des certificats d’économies d’énergie, qui a été multiplié par deux depuis 2018 (pour atteindre 8 euros le MWh cumac).

Rappels sur les tarifs réglementés et offres de marché

Dans le cas du gaz comme dans celui de l’électricité, il existe en France des tarifs réglementés de vente (TRV) proposés par l’opérateur historique (EDF dans le cas de l’électricité, Engie dans le cas du gaz) et des ELD (Entreprises locales de distribution), fixés par la CRE, qui coexistent avec des prix dits en offre de marché (OM) pour les clients qui ont décidé d’abandonner le TRV en choisissant en général un fournisseur alternatif(2). Le TRV « bleu » en électricité est aujourd’hui réservé aux clients domestiques et aux petites entreprises ; le TRV en gaz est lui aussi réservé aux consommateurs domestiques ou assimilés et sa disparition est programmée en 2023.

Le TRV en électricité concerne encore 23 des 33 millions de clients domestiques et 2,7 des 5 millions de clients professionnels. En revanche, le TRV en gaz ne concerne que 3,3 millions de clients sur 11 millions(3). Un client en offre de marché a pu signer un contrat indexé ou non sur le TRV ou sur le prix de gros (il existe des contrats à prix fixe sur une certaine durée, deux ou trois ans par exemple) et il sera donc concerné par la hausse du prix du gaz sur le marché international ou par celle du coût de l’électricité si son contrat prévoit une indexation. Dans tous les cas, il paie les péages d’accès aux réseaux et les taxes.

La structure du « TRV gaz » est la suivante : 33% pour la molécule importée et la fourniture, 38% pour les réseaux et le stockage et 29% pour les taxes. La structure du « TRV électricité » n’est guère différente : 36% pour le coût de production, 31% pour les réseaux et 33% pour les taxes. Le tarif régulé du gaz est révisé tous les mois, pour suivre au plus près la volatilité des prix sur le marché international. Le tarif régulé de l’électricité n’est quant à lui revu que deux fois par an : début février et début août.

Hausse des prix : des raisons spécifiques au gaz et à l’électricité

Outre la conjoncture internationale, la hausse récente du prix du gaz s’explique aussi par la nécessité de reconstituer les stocks, l’hiver 2020-2021 ayant été long et froid. Elle est due également à la stratégie de rétention du principal fournisseur de l’Union européenne, la Russie (40% des importations) qui a refusé d’accroître le transit à travers l’Ukraine et a intérêt à montrer que l’Europe a besoin du nouveau gazoduc Nord Stream 2 dont la construction vient juste de s’achever (officiellement le 10 septembre 2021).

La mise en service de ce deuxième tronçon prévue d’ici fin 2021 devrait accroître l’offre disponible donc sans doute apaiser les tensions sur les prix dans les prochains mois. À cela s’ajoute une baisse des approvisionnements de l’Europe en GNL du fait d’une concurrence accrue avec l’Asie qui offre aux exportateurs des prix plus rémunérateurs (ce qui explique que beaucoup de méthaniers à destination de l’Europe aient été déroutés vers l’Asie). 

Évolution des prix sur les marchés gaziers

La hausse du prix de l’électricité début février 2021 s’explique par la hausse du prix du MWh sur le marché de gros européen, liée largement à la hausse du prix du gaz et du quota de CO2 mais également au mécanisme particulier de fixation du tarif réglementé en France fondé sur une double logique : celle de l’empilement et celle de la « contestabilité ».

Depuis 10 ans, le tarif réglementé TTC a augmenté de 50% (et de 40% HT), ce qui prouve que la hausse des taxes a, comme celle des tarifs d’accès aux réseaux, contribué aussi à la hausse du prix. L’empilement consiste à fixer le tarif en additionnant tous les coûts (production, commercialisation, transport, distribution et taxes), le prix du MWh étant pour partie calé sur le niveau de l’ARENH (fixé à 42 €/MWh depuis 2012) et pour partie sur une moyenne des prix de gros, ce que l’on nomme « complément marché ».  La « contestabilité », prévue par la loi, consiste à retenir une proportion de « complément marché » proche de celle des concurrents d’EDF avec le souci de permettre aux concurrents d’EDF de pouvoir rivaliser avec l’opérateur historique.

Les prix sur le marché de gros de l’électricité sont depuis quelques semaines très élevés (souvent supérieurs à 100 €/MWh alors qu’ils se situaient aux alentours de 46 €/MWh en moyenne en 2020) même si la volatilité est très forte. Ainsi le dimanche 8 août 2021, le prix de gros s’est établi en France à - 63,03 €/MWh à 14h et à + 68,05 €/MWh à 20h, soit un différentiel de 131 € le MWh en 6 heures de temps. Il faut donc s’attendre à une forte hausse du TRV en février 2022 si la tendance se poursuit. L’augmentation de la part des renouvelables intermittentes dans le mix électrique devrait accentuer la volatilité des prix sur le marché « spot ».

Évolution du TRV gaz

Évolution du TRV électricité depuis 2010

Quelles marges de manœuvre pour 2022 ?

En matière de gaz, la marge de manœuvre des pouvoirs publics est quasi nulle puisque le prix du gaz sur le marché international échappe totalement aux décisions de l’État français. En matière d’électricité, elle n’est guère plus grande puisque le prix de gros est lui aussi un prix européen du fait des interconnexions électriques.

Dans les deux cas, on peut certes « jouer » sur les taxes, la TICGN pour le gaz et la CSPE pour l’électricité. Cette CSPE est au départ destinée largement mais pas exclusivement à financer le surcoût des renouvelables (prix garantis ou complément marché). Comme ce financement s’opère de plus en plus par des prélèvements sur la TICPE (taxe intérieure sur la consommation d’énergie, assise sur la consommation de produits pétroliers), on peut concevoir que le législateur décide de réduire le montant de la CSPE, actuellement plafonné à 22,5 €/MWh. D’autant que les charges liées aux surcoûts des renouvelables vont se réduire à mesure que les contrats de rachats généreux accordés dans le passé arrivent à terme et sont remplacés par de nouveaux contrats bien moins rémunérateurs pour les producteurs.

La réforme annoncée mais repoussée du mécanisme de l’ARENH aurait pu (et pourrait encore) constituer un élément de solution. Si on accroît le volume d’ARENH (actuellement plafonné à 100 TWh par an) acheté par les concurrents d’EDF (ce qu’ils demandent), mais à condition d’en accroître un peu le prix comme le demande EDF (en passant de 42 à 50 €/MWh par exemple), on réduit du même coup le volume de « complément marché » acheté par ces concurrents (le prix moyen du « complément marché » est aujourd’hui bien au-delà de 50 €/MWh, plutôt aux alentours de 70 €/MWh), et donc indirectement la part du « complément marché » dans le TRV (qui représente aujourd’hui moins de 10% de ce tarif).

À court terme, les pouvoirs publics peuvent par ailleurs utiliser le levier du chèque énergie(4) pour tenter de limiter les effets de la hausse des prix du gaz et de l’électricité sur les ménages en situation de précarité énergétique. Les près de 6 millions de ménages modestes bénéficiant du chèque énergie vont recevoir en décembre 2021 un chèque supplémentaire de 100 euros, vient ainsi d'annoncer le gouvernement.

Cela ne suffira sans doute pas si les prix de l'énergie continuent à croître au rythme actuel. C’est pourquoi, au-delà de cette mesure de court terme, il convient de réviser en profondeur le dispositif du chèque énergie, dont le montant doit être révisé sur une base régulière pour tenir compte des augmentations des tarifs de l’énergie et qui doit bénéficier à un plus grand nombre de ménages en situation de précarité.

Le consommateur a, quant à lui, intérêt à limiter sa consommation de gaz et d’électricité et à examiner de plus près les offres de marché à prix fixe et à se détourner des offres de tarification en temps réel qui fleurissent depuis un certain temps avec le développement du compteur Linky. Mais les fournisseurs risquent de se montrer plus réticents à proposer des offres à prix fixe sur une longue période (au-delà de 2 ans) car ce sont eux qui alors prennent tous les risques...

Sources / Notes
  1. Taxe intérieure sur la consommation de produits énergétiques pour le pétrole (TICPE), taxe intérieure sur la consommation de gaz naturel (TICGN), taxe intérieure sur la consommation finale d’électricité (TICFE), TVA.
  2. Le client qui abandonne le TRV peut aussi opter pour un prix en OM auprès de l’opérateur historique.
  3. Sur les 8 millions de contrats de gaz en OM, 3,7 sont alimentés par Engie et 4,3 sont signés avec des concurrents.
  4. Le dispositif, qui a remplacé en 2018 les tarifs sociaux du gaz et de l’électricité, alloue aux ménages précaires une aide moyenne de 150 euros par an, sous forme d’un chèque utilisable pour régler une partie des factures d’électricité, de gaz ou de fioul. Son montant n’a pas été revalorisé depuis son introduction alors même que les prix de détail de l’énergie ont fortement augmenté sur la période (+ 9% pour l’électricité et + 13% pour le gaz entre 2018 et 2020).

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Commentaire

Giuseppe Gattullo

C'est aujourd'hui l'ère de la dissolution.
Ils ne veulent pas embaucher et ils ne veulent pas créer d'emplois.
A présent l'embolie et les affaires des Verts ont commencé, rien ni personne ne les arrêtera €€€ - $$$.
De quel pont pour l'avenir parlons-nous ? Celui du chômage ?
99% des embauches se font sur recommandation, aussi bien dans le public que dans le privé.
Les nouveaux emplois promis seront dans des centres d'appels à l'étranger.
L'électricité augmente de +25% Gaz +40%.
Quelle belle opération sociale les Citoyens sont harcelés avec l'excuse de la durabilité verte dans un moment si difficile, pour lever des fonds pour les entreprises énergétiques aux mains de capitaux étrangers pour des centaines de millions d'euros, avec un partage relatif des bénéfices et des dividendes, laissant les dettes vers les pays européens.
Je me demande où est passé le Droit Public, des millions de citoyens sans être consultés, un jour ils se sont retrouvés aux prises avec un processus de libéralisation, un pseudo-marché en régime d'oligopole et des entreprises autorisées à gérer et coordonner des activités de production, de marché et de clients d'Essential Des biens.
Ils tâtonnent dans le noir, sans itinéraire, vision, tendance et stratégie concrets.
Dans quelques années nous aurons une nouvelle loi de finances, ce sera la loi de finance éco-durabilité-verte.
Donc plus tard vous ne pourrez pas dire que la nouvelle crise financière n'était pas prévisible, car je viens de vous l'écritre.
Giuseppe Gattullo 🌲🌲🌲🌲🖋

BEE

est il raisonnable et nécessaire de faire payer le surcout du renouvelable par le Gaz et l'Electricité ?
je crois que non

Hervé

Et ce d'autant plus que les dépenses en question n'ont pour la plupart, au mieux absolument aucun effet sur les émissions de GES , et très probablement conduisent a une hausse de ces dernières en intégrant les émissions grises...

studer

C'est compliqué, et probablement volontairement opaque. Jusqu'en 2017, la CSPE était une taxe qui finançait le développement du solaire et de l'éolien (preuve absolue que ces énergies sont plus chères que le nucléaire, en plus d'être de "mauvaise qualité" car intermittentes). Et cette CSPE est redevable de la TVA (si, si) ce qui au total surenchérit notre facture EDF de 20 %. Au passage, le gain pour la collectivité est nul, car nos moyens nucléaires et hydrauliques sont suffisants et déjà décarbonés. Comme malheureusement les écolos politiques au pouvoir envisagent de développer encore davantage ces énergies intermittentes autant qu'inutiles, les projections ont montré que la CSPE risquait de devenir "non soutenable" (pour mémoire son homologue allemande l'EEG renchérit le kWh de 100 % !!). Le gouvernement français, après avoir envisagé une "taxe carbone" contestée par les GJ, a fini par faire financer le développement de l'éolien et du solaire par le "budget de l'Etat", c'est à dire en clair par le contribuable ! Mais la CSPE n'a pas été supprimée pour autant, ce qui fait qu'au final ces énergies intermittentes (autant qu'inutiles) sont subventionnées à la fois par le consommateur (via la CSPE) ET par le contribuable (via ses impôts !).
Les citoyens français "consommateurs-contribuables" doivent donc savoir que ces énergies inutiles plombent leur facture EDF de 20 %, en plus de leurs impôts. Ils devraient exiger l'arrêt de leur développement - ou a minima l'arrêt de leur subventionnement. L'Etat espagnol a d'ailleurs jugé inacceptable l'inflation due à ces taxes sur le coût de l'électricité dans ce pays et a unilatéralement stoppé leur subventionnement pour le plus grand bien des consommateurs.

Energie+

@ Studer :

C'est incroyable le nombre de choses fausses que vous tentez de répandre et çà n'avance à rien. Les renouvelables étaient chères au départ et la CSPE a augmenté à cause de trop importantes aides au solaire (comme un rapport de la Cour des comptes le souligne) et que ce secteur ne réclamait même pas à ce niveau sous le gouvernement Sarkozy auquel appartenait d'ailleurs Xavier Bertrand dont le Conseil régional des Hauts de France n'est jamais intervenu pendant 6 ans sur les projets éoliens dans les Hauts de France car les demandes d'éoliennes proviennent souvent de communes pauvres, mais qui pour capter des voix opportunistes d'anti-éoliens a prétexté "éolien basta" qui ne mènera évidemment à rien puisque les Hauts de France ont déjà un niveau global élevé d'éolien et que beaucoup sur place ont fait le choix de l'éolien. Depuis les prix de renouvelables qui sous forme avancée sont bien plus récentes que le nucléaire, ce dont vous ne tenez évidemment pas compte faut d'objectivité et d'honnêteté d'analyse, ont baissé tout comme différentes formes de stockage et de telles tendances de baisses sur des délais aussi courts n'ont jamais été vues dans l'histoire de l'énergie. A l'inverse le prix du nucléaire a globalement monté et sur la base des récents rapports de la Cour des comptes on peut estimer le MWh EPR1 de Flamanville autour des 130 euros le MWh. Pendant ce temps, parmi les plus chères énergies renouvelables auquel appartient l'éolien offshore flottant, les diverses études indépendantes sur le secteur donnent des prix de 35 à 60 euros le MWh en Europe avant 2030 et avec un facteur de charge élevé de 40 à 50% en moyenne. En stockage dit longue durée on estime déjà des prix au mieux de 16 euros le MWh alors que l'on ne prend qu'une partie modeste de ce prix dès lors qu'il s'agit toujours d'un stockage partiel et par exemple en stockage Air Liquide ou C02 longue durée, Highview Power et d'autres s'attendent à être en dessous de 40 euros le MWh d'ici 2030. En réseaux de chaleur dont on fait si nécessaire pour des villes moyennes du 100% solaire thermique avec stockage inter-saisonnier comme au Danemark (voir également Savosolar Finlande ou Absolicon Suède) on est en moyenne à 38 euros le MWh en Europe du Nord, 35 au Danemark et on tombe à 24 euros sur certains réseaux. En France c'est plus cher (près du double) car à cause de la politique "tout" nucléaire des années 70 qui captait tous les fonds et projets au dépend des autres énergies et entreprises peu carbonées, nous n'avons pas développé nos réseaux de chaleur (seulement 6% de bâtiments connectés actuellement) pourtant reconnu partout dans le monde comme très efficaces pour capter toutes les sources de chaleur et froid perdues, y compris au plan économique, c'est souvent l'un des modes de chauffage et climatisation les moins chers alors que nous croulons à financer nos 8 millions de personnes en précarité énergétique "électrique" (merci les chauffages et chauffes-eaux de type grille-pain amplement diffusés qui rapportaient gros en faisant exploser les factures) sur les 12 millions en précarité énergétique. Nous avons déjà échangé et vous ne connaissez rien à l'énergie une fois de plus car vous devriez savoir que l'on modélise de façon très pointue les problèmes d'intermittence et de coûts associés et si vous regardez différents pays, par exemple les Etats-Unis, que ce soit les études du NREL, du Naris du D0E, le nucléaire n'apparaît que pour 11 à 13 % (dernier rapport du D0E américain), en Australie pareil, le nucléaire n'apparaît pas assez compétitif pour les diverses études dont celle récente de l'opérateur de réseau AEMO de 1000 pages, parmi plusieurs centaines d'autres dans le monde. Au Japon la part des renouvelables est amplifiée et plus à cause de Fukushima. Dans le Monde l'Agence internationale de l'énergie atomique estime que le nucléaire correspondra entre 6% et 12% du mix électrique mondial en 2050 mais 12% seulement avec des aides très importantes au nucléaire et dans tous les cas hors délais (IEA). Les renouvelables dominent donc de plus en plus largement au plan économique dans tous les pays y compris à terme la Chine. Vous évoquez la France et bien nous n'échappons pas à ces évolutions technologiques, économiques et constats. Nous sommes obligés de penser à l'âge de nos centrales viellissantes et de procéder dans le même temps à une transition énergétique "globale" et pas seulement pour les 23% de part électrique de notre consommation énergétique globale. Et comme RTE ou la CRE le rappellent, vous n'y arriverez pas sans les renouvelables. Les EPR2 à une seule enceinte auxquels l'ASN et le CEA s'opposent à juste titre devaient initialement coûter 70 euros/MWh selon la Sfen et ils sont désormais revus à la hausse à 75 à 86 euros le MWh selon l'opérateur dans un rapport remis au Trésor, qui est public et que vous devriez connaître mais comme chaque fois sur ce type de projet on peut s'attendre à des dérapages compte tenu de notre situation industrielle alors que les renouvelables comme le stockage continuent globalement de voir leur prix baisser. Le nucléaire n'est "pilotable" au mieux qu'avec des délais de 30 minutes à 1 h, il n'empêche donc pas des moyens de flexibilité et stockage importants. Donc les modélisations pointues elles ne mentent pas comme vous et il est donc pertinent d'augmenter la part des renouvelables pour laquelle nous prenons du retard. C'est sans compter en outre sur les bien plus importants marchés mondiaux qui sont universels pour les renouvelables (tous les pays en font contrairement au nucléaire et elles vont y compris dans les bâtimenst et maisons contrairement également à ce dernier). Voyez la hausse du chiffre d'affaires d'EDF dans les renouvelables comparé au nucléaire, ou encore depuis des années la baisse de valorisation d'EDF à cause du nucléaire comparé à ses concurrents plus axés sur les renouvelables : les concurrents italiens est espagnols ont largement dépassé EDF (Enel, Eni etc). Quant à l'Allemagne vous cherchez là aussi à tromper tout le monde en mélangeant amplement le détail des taxes sur le prix de l'électricité qui en comme au Danemark s'appliquent à l'isolation, l'efficacité énergétique et des impacts très positifs etc donc vous avez la malhonnêteté habituelle de ne pas distinguer la part exacte liée aux renouvelables, en plus de comparer avec le nucléaire ancien implanté dans les années 70 avec des renouvelables qui se sont déployées à partir de 2011 en France. En outre les Danois et secondairement les allemands disposent de réseaux de chaleur (près de 65% au Danemark) et perçoivent des revenus des renouvelables (environ 55% des allemands) et vous ne tenez pas compte non plus du % de l'énergie dans l'ensemble de leurs revenus et de leur facture réelle qui ont moins d'importance qu'en France, ni des différents climats ou de la part d'industrialisation etc, donc vous comparez des choux et des carottes soulignant votre incompétence de ces sujets comme j'ai eu l'occasion de vous le rappeler sur Energeek entre autres. Concernant enfin l'Espagne j'ai détaillé les raisons des hausses, documents à l'appui, et vous accusez évidemment à tort les renouvelables alors que tous les pays européens sont concernés par ces hausses. Lisez donc les rapports détaillés sur ces sujets au lieu de faire votre propre analyse incomplète et erronée. Dois-je vous rappeler qu'avec la politique "tout" nucléaire des années 70 c'est une gabegie énergétique en France et que l'on a très peu progressé sur les autres secteurs peu carbonés car la plupart des capitaux allaient au nucléaire. Vous devriez mieux connaître l'histoire énergétique et si ce n'est pas le cas vérifiez par exemple auprès des anciens chercheurs du CNRS qui travaillaient sur le four solaire d'Odeillo, vous retrouverez aisément leur avis sur internet à propos de la politique du "tout" nucléaire y compris sur Youtude, ou encore dans les domaines du solaire thermique, de l'hydro, des réseaux de chaleur etc. Après le "tout" nucléaire qui conduit au fiasco actuel de cette filière en France et une part de marché mondial quasi insignifiante en ayant été nuisible aux autres filières peu carbonées pourtant utiles et indispensables vous pensez vraiment décarboner le monde avec nos EPR vendus qu'à une poignée de pays dans des conditions peu avantageuses et alors qu'il va être nécessaire de renflouer fortement EDF comme çà a été le cas de l'ex-Areva. A défaut d'être spécialisé en énergie, étudiez mieux la globalité ce ce sujet avant d'écrire à longueur de temps des choses erronées, cà ne vous avance pas vous ni personne, et n'oubliez pas qu'EDF fait de plus de en plus de renouvelables tout comme Engie qui a abandonné la filière nucléaire donc vous feriez mieux de mettre à jour vos connaissances de ces sujets au lieu d'écrire autant de choses erronées qui ne résistent pas à l'analyse.

Serge Rochain

Le surcout n'est pas le renouvelable, il est nucléaire.
EPR Flamanville Budget : 3,4 milliards d'euros, Cout réel 9,1 milliards d'euros
EPR Olkiluoto Vente pour 3,4 milliard d'euros, dépense pour sa construction 7,5 milliards d'euros
Indemnité de retard versée à la Finlande pour l'EPR d'Olkiluoto 600 millions d'euros
Subvention de l'état français à AREVA pour terminer le chantier Olkiluoto 200 millions d'euros.
Et même sans tenir compte de ces malheureux et ruineux contretemps vous avez l'historique faramineux de subvention au nucléaire qui n'a jamais été rentable où que ce soit :
https://reneweconomy.com.au/nuclear-energy-is-never-profitable-new-stud…

Hervé

Donc Surcout flammenville: 5.7M€, Finlande: 4.9miliards soit 10.6 milliards !
Investissements sur les ENR qui ne remplacent aucune centrales : 120milliards : Pas de doute c'est bien la faute du nucléaire!

Rochain

Non erreur c'est le qui a saute, Flamanville c'est 19,1 milliards donc sur coût c'est 15, 7milliards de plus et en même temps c'est le coût du grang carénage lui aussi en centaines de milliards
Quant à vos 120 milliards ce n'est pas du net jeté par la fenêtre c'est de l'achat d'électricité utile et de plus ce chiffre est certainement faux car ce qui est acheté aux producteurs comme vous pouvez l'être vous même avec soi disant des subvention est revendu plus cher aux consommateurs bien su'injecye directement dans le réseau EDF ne le voit même pas passer. Les légendes sont de plus en plus monstrueuses.

BEE

si vous faites un LCOE sur 40 ans ou plus (Levelized Cost of Electricity ou cout actualisé de l'électricité produite), vous verrez que le nucléaire est bien moins couteux que l'éolienne (les couts de maintenance de l'éolien, en mer surtout, sont exorbitants, les espagnols en sont sortis).
Cela permet d'évaluer un Capex+Opex / Mwh pour la comparaison.
Comparaison qui s'arrête là, car le nucléaire est une énergie sur laquelle on peu compter quand on en a besoin, l'éolien non (-37% de production éolienne en Espagne cet été).
Donc avoir des couts comparables est insuffisant pour décider : la robustesse de la livraison peut être plus importante.
A moins que vous préfériez qu'on vous prévienne à 3h du matin pour vous donner l'autorisation de mettre en route votre machine à laver ou voir votre film à la TV.

Hervé

Vu que le système fonctionnait avant la construction des éoliennes/PV pour une production quasi identique et que ces équipements n'ont rien changé ( pas de nette amélioration des émissions de GES...qui sont dans les mêmes ordres de grandeur ni réduction de couts significatives sur les autres centrales ) on aurait pu s'abstenir de dépenser ces 120 milliards pour un résultat identique. Donc ils sont bel et bien gaspillés.

Il est aussi à noter que si on ne s'était pas empressé d'acheter ces conneries car on en avait pas besoin on aurait pu s'en payer des mieux pour bien moins cher aujourd’hui (ou plus tard, ... quand on disposera de stockages permettant de les utiliser...)

Antoine

Bonjour, vous indiquez dans l'article : " les fournisseurs risquent de se montrer plus réticents à proposer des offres à prix fixe sur une longue période (au-delà de 2 ans) car ce sont eux qui alors prennent tous les risques...".
En quoi prennent-ils des risques ? les prix fixes sont couverts par des achats à terme (ie achat aujourd'hui au prix du marché pour une fourniture future (en monthly, quarter ou annual). Le seul risque est que le profil du consommateur varie (une consommation passerait du baseload en peak). Or c'est noyé dans la masse. Si le fournisseur décider d'acheter ses volumes futurs en spot le moment venu de délivrer, il est préférable qu'il change ses équipes de traders dés maintenant.

Serge Rochain

Mon cher Antoine, le risque parait pourtant être une certitude chez les nucléophiles, dont vous faites manifestement partie au propos que vous tenez, qui passent leur temps à dire "ET S'IL N'Y A PAS DE VENT? HEIN ?" et d'ajouter "LE TGV S'ARRETE EN RAZ CAMPAGNE !"
Non le risque s'il n'y a pas de vent c'est qu'ils n'aient rien à vendre, et ces supposées mirifiques subventions se réduisent à néant !

jpsa

Tiens, le papy Rochain le ronchon est de sortie.
Ces éructations antinucléaires font de moins en moins recette sauf peut-être chez la khmer verte sandrine rousseau. En tout cas son aveuglement inconséquent sur les questions de l'énergie font plaisir aux gaziers russes qui se marrent de lire dans le très officiel document gouvernemental "Stratégie Nationale Bas Carbone" (page 120) que la France va devoir construire une vingtaine de centrales thermiques au gaz pour compenser l'intermittence des ENR. Mais il s'en fout le Rochain, il a de quoi faire face à un doublement du prix de l'électricité ! Quant aux 400g de CO2 le MWh émis par les centrales à Gaz à la place des 6g de CO2 émises par les centrales nucléaires, ça n'est pas encore remonté jusqu'à ses neurones verts fluos.

Hervé

Non il le sait tout ça, mais il s'en fout royalement.
Que les pauvres crèvent de froid, c'est pas son problème. Et il ne sera plus là quand le réchauffement climatique posera vraiment souci.
La seule chose qui l’intéresse c'est la rentabilité à court terme de ses petits investissements...

Kneider

Bonjour, L'énergie du futur est radiante, la chaleur/chaud génère de la vapeur/vapeur sous pression qui doit transmettre sa puissance à un liquide (eau, huile...) puis ce liquide fait tourner une turbine hydraulique. Ainsi, la puissance de sortie doit être multipliée au moins par deux, et beaucoup d'entre elles pourraient dépasser six (doit être validé expérimentalement).
L'abandon de la double chaleur ouvre un horizon. Jusqu'à ces quatre dernières années, cela n'était pas imaginable, et aujourd'hui est largement accessible.
Un Energy, Green regular, autonomie illimitée, disponible à tout moment ; jour/nuit, été/hiver, zéro CO2, 0 fumée, 0 carbone et zéro chaleur supplémentaire.
L'énergie naturelle est gratuite comme les pluies, les eaux océaniques..., et l'air que nous respirons. L'équipement, l'installation et la fourniture ont un coût, qui est essentiellement moins cher que prévu.
#soteu #énergie #énergie renouvelable #énergie solaire #changement climatique #avenir #comme #pétrole #nature #énergie

samuel gibon

Ce que je ne comprends pas c'est dans un contrat avec un fournisseur d'energie on vous deux ou quatre de stabilité du prix du gaz ou de l'electricité et en fait c'est completement faux ! argument commercial pour attirer le chaland ? Le prix du gaz a prix 39%, retour du marché agressif et reprise planétaire. je suis de plus en plus pour l'electricité mais l'electricité que l'on pourrait stocké avec des batteries et non les contrats de gaz faramineux. Même avec un nouveau compteur gazpar ou linky on peut avoir de sacrées surprises de consommation. C'est vraiment a se demander quel energie il faut utiliser pour se chauffer en hiver ? bien isoler sa maison avant tout ! la déperdition de chaleur est moindre et pas besoin de la chauffer trop.
Les britanniques ont un système de stockage de l'electricité , je suis pour celà. contre les panneaux photovoltaiques mais pour les solutions individuelles dans les maisons individuelles. si le prix du kwh d'electricité reste stable alors oui il faut stabiliser les prix comme pour le litre d'essence !

gilles

Bonsoir, je suis attristé de constater qu'en 2021 les lecteurs de ce site de grande qualité en soient à s'invectiver plutôt qu'à débattre utilement.
J'ai 3 questions de béotiens sur ces prix du MWh.
1. @ Energie+ : les prix que vous citez sont calculés comment ? Prix de production (installation divisée par la production totale espérée), prix de vente moyen sur la durée de vie, prix spot moyen, autre ?
2. Surcoût de stockage : un stockage pour pallier l'intermittence+variabilité des ENR se met en place; comment va-t'il être financé ? Dans le coût réseau RTE (CSPE); uniquement sur le MWh ENR ?
3. Sécurisation de production : de quels leviers (autres que le prix) dispose un pays pour sécuriser son approvisionnement ? Si un opérateur privé décide brutalement de fermer une centrale à gaz, ou de servir en priorité un autre pays, comment fait-on ?
Merci
Bien cordialement, gilles

Hervé

Bonjour Gilles

Sur la question 3, on est obligés d'avoir l'équilibre offre demande: actuellement c'est les autres producteurs qui prennent le relais. Il y a eu l'affaire des serbes qui a fait du bruit il y a qq temps: https://www.connaissancedesenergies.org/le-kosovo-et-lheure-de-votre-ra….
Grace au passage a la smart Grid, une nouvelle alternative sera possible: c'est de délester les clients du fournisseur défaillant, le Linky permettra cela .

Pour ce qui est de votre question 2: Théoriquement c'est les fluctuations des cours du marché qui devraient servir à cela. L'ennui c'est que ça ne suffira pas car plus vous montez la capacité de stockage moins les cours fluctuent souvent.
Autre souci: L'éolien qui ne génère pas suffisamment de cycles pour rentabiliser un stockage batteries ou STEP. Il vaut inventer un systeme bon marché . L'H2 a un rendement trop mauvais pour faire qq chose. Par conséquent dans un premier temps ce sera des subventions, puis quand ils auront vu que c'est trop cher on complétera par des centrales à Gaz...

Ben

Se chauffer, s'éclairer en France est un luxe désormais. Sérieusement, payer une taxe pour les retraités du gaz et de l’électricité se n'est pas tolérable !
30% de taxes sur la facture ! Sans compter les taxes sur les taxes !
Je vous invite à signer la pétition Halte à l’escalade fiscale de l'UFC Que choisir.
Le chèque énergie avec un pallier à 10800euros/personne ou 16050/couple soir 900euros de revenus mensuel ou 668 pour un couple c'est pas prendre (encore et toujours) les gens pour des pigeons ?

Hervé

S’éclairer, pas tellement un luxe car ça consomme peu. Mais l'éclairage est loin d’être seul usage domestique:
https://www.precarite-energie.org/wp-content/uploads/2021/06/screenshot…

Se chauffer, oui, mais il faut aussi savoir anticiper en isolant correctement son logement!
Cette situation qui arrive est une tendance de fond prévisible depuis longtemps, il faudrait s'adapter au lieu de demander toujours plus de subventions qu'on paye de toute façon.

Au lieu de cela, deux choses seraient plus efficaces si mises en œuvre:
-> Faire les bons choix lorsque on construit / retape sa maison
-> Lors des élections voter pour des gens compétents & pragmatiques

Si vous appliquez ces deux mesures, la situation s'arrangera (il faudra du temps bien sur!)

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