Coupures d'électricité en Afrique du Sud: aucune amélioration en vue selon le gouvernement

  • AFP
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Le gouvernement sud-africain s'est dit incapable mardi de prévoir quand prendraient fin les très longues coupures d'électricité qui affectent depuis plusieurs jours le pays, des délestages de mauvais augure pour le parti au pouvoir, le Congrès national africain (ANC), avant les législatives de mai.

Depuis le milieu de la semaine dernière, le géant public Eskom, qui fournit 90% de l'électricité produite en Afrique du Sud, plonge dans le noir, pendant plusieurs heures et à tour de rôle, des quartiers entiers du pays.

Le ministre des Entreprises publiques, Pravin Gordhan, a expliqué mardi que les autorités tentaient de comprendre l'origine du problème. "Nous avons besoin de conclure ces enquêtes. Nous reviendrons vers vous dans les 10 à 14 prochains jours", a déclaré M. Gordhan lors d'une conférence de presse à Johannesburg.

"Nous comprenons la frustration", a t-il ajouté, mais "nous n'avons pas de formule magique" pour résoudre la situation. Tout devrait "rentrer dans l'ordre dans les prochaines années", a-t-il prévenu. Le ministre a présenté ses excuses, en particulier auprès des entreprises paralysées par des pannes quotidiennes dans la première puissance industrielle du continent africain.

L'Afrique du Sud dispose de plusieurs centrales à charbon mal conçues et mal entretenues. Eskom est en outre pointée du doigt pour sa très mauvaise gestion pendant le règne de l'ex-président Jacob Zuma (2009-2018). Le groupe croule sous une dette abyssale de 420 milliards de rands (26 milliards d'euros).

L'ANC a "pillé" et "cassé Eskom" qui se retrouve "sur le point de s'effondrer", a dénoncé mardi le principal parti d'opposition, l'Alliance démocratique (DA).

Le groupe électrique est aussi actuellement affecté par le cyclone Idai qui a frappé la semaine dernière le Mozambique voisin, où Eskom s'approvisionne partiellement. Des pylônes électriques entre le barrage hydroélectrique de Cahora Bassa, dans l'ouest du Mozambique, et les centrales électriques en Afrique du Sud ont été endommagés.

M. Gordhan a précisé qu'une équipe sud-africaine était chargée d'évaluer les dégâts.

Depuis février, l'Afrique du Sud a renoué, par intermittence, avec de longues coupures d'électricité. Potentiellement dévastatrice sur le plan économique, la dégringolade d'Eskom inquiète aussi politiquement le président Cyril Ramaphosa et son parti, l'ANC, en pleine campagne pour les élections du 8 mai.

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