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Centrale nucléaire d'Hinkley Point B

En 2014, les 2 réacteurs de la centrale d’Hinkley Point B ont généré près de 7,8 TWh au total, soit environ 13,5% de la production nucléaire britannique. (©EDF Energy)

Au Royaume-Uni, le contrat final portant sur la construction de 2 EPR sur la côte du Somerset (ouest de l’Angleterre) devrait être signé en octobre prochain. Malgré les difficultés actuelles sur les chantiers des autres réacteurs de 3e génération, Londres maintient actuellement son soutien à ce projet ainsi qu'au nucléaire qui devrait conserver une place importante dans le mix électrique britannique.

7% de la production électrique britannique

Hinkley Point C est un projet de deux réacteurs nucléaires de type EPR de 1,6 GW de puissance chacun. La centrale doit à terme produire, selon EDF Energy (filiale de l’énergéticien français), presque 4 fois plus d’électricité que les deux réacteurs actuels de la centrale d’Hinkley Point B qui sont connectés au réseau électrique depuis 1976(1). Il est prévu que les 2 EPR d’Hinkley Point C soient exploités pendant 60 ans (mise en service envisagée en 2023) et qu’ils fournissent de l’ordre de 7% de l’électricité britannique, soit de quoi satisfaire la consommation domestique d’environ 5 millions de foyers selon EDF Energy.

Un accord commercial a été conclu dès octobre 2013 entre le gouvernement britannique et EDF Energy. Depuis lors, la conclusion d’un accord définitif a été repoussée pour permettre de mieux préciser les investissements nécessaires à ce projet, évalué à près de 25 milliards de livres (soit environ 35 milliards d’euros). Des énergéticiens chinois(2) devraient porter leur participation à près de 40% dans ce projet et le président Xi Jinping se rendra à Londres en octobre prochain.

Précisons que l’électricité produite par ces 2 EPR devrait être rachetée pendant une durée de 35 ans à un tarif garanti de 92,5 livres par MWh (soit presque 130 euros par MWh) afin d’assurer la rentabilité de la centrale.

Un renouvellement du parc nucléaire britannique à venir

Le Royaume-Uni compte actuellement 16 réacteurs nucléaires répartis au sein de 8 centrales. Ces dernières sont toutes exploitées par EDF Energy à l’exception du réacteur de Wylfa exploité par Magnox (actuellement à l’arrêt). En 2014, ce parc nucléaire a généré environ 57,9 TWh, soit près de 17,1% de la production électrique britannique. A titre indicatif, les 58 réacteurs du parc nucléaire français ont généré, avec 415,9 TWh, 77% de l’électricité produite dans l’hexagone en 2014.

Le Royaume-Uni a été l’un des pays précurseurs de l’exploitation civile de l’énergie nucléaire en connectant son premier réacteur au réseau électrique dès 1956. Si le gouvernement britannique souhaite davantage faire reposer son mix électrique (qui repose à près de 58% sur les énergies fossiles en 2014) sur les énergies renouvelables à l’avenir(3), il entend maintenir une place important au nucléaire, une nécessité pour que Londres tienne ses engagements en matière de réduction des émissions de gaz à effet de serre (près de 70% de l'électricité décarbonée au Royaume-Uni provient actuellement du nucléaire).

En mars 2014, la stratégie industrielle britannique sur l’énergie(4) a notamment confirmé le rôle central que devrait continuer à jouer le nucléaire au Royaume-Uni. De nouveaux acteurs comme Horizon(5), filiale du groupe Hitachi, et NuGeneration(6), joint-venture entre Toshiba et Engie, avancent d’autres projets de centrales nucléaires au Royaume-Uni. Toutes les centrales britanniques actuelles, à l’exception de Sizewell B, sont censées être mises à l’arrêt d’ici à 2023.

Centrales nucléaires au Royaume-Uni

Les centrales nucléaires actuelles au Royaume-Uni et le mix électrique britannique (©Connaissance des Énergies)