Le financement des futures centrales nucléaires britanniques

Maxence Cordiez

Ingénieur dans le secteur de l'énergie

Le gouvernement britannique vient de clore une consultation sur un mécanisme à l’étude visant à faciliter le financement des projets de nouveaux réacteurs nucléaires par le secteur privé, tout en réduisant le coût de l’électricité produite.

Au Royaume-Uni, le secteur électrique fait face à plusieurs défis majeurs : objectif de sortie totale du charbon d’ici à 2025, remplacement dans les 10-15 prochaines années de l’essentiel des réacteurs nucléaires en service (17,7% de la production britannique d’électricité en 2018), effondrement des extractions gazières du pays depuis 2000, etc. Ce contexte éclaire la politique électrique outre-Manche : développement d’interconnexions avec le continent, soutien à l’éolien en mer et construction de nouvelles centrales nucléaires.

La filiale britannique d’EDF, EDF Energy, et son partenaire et homologue chinois CGN sont particulièrement impliqués dans le renouvellement du parc nucléaire : deux réacteurs EPR sont actuellement en construction à Hinkley Point C (Somerset), deux autres EPR sont envisagés à Sizewell (Sussex), leur construction devant débuter après la signature de la décision finale d’investissement prévue pour 2021, et des réacteurs chinois HPR1000 (aussi dits « Hualong-1 ») sont en cours de certification par l’autorité de sûreté nucléaire britannique.

Hinkley Point C, un chantier financé grâce à un mécanisme prévu pour les énergies renouvelables

Au moment de la négociation du financement de la première « nouvelle » centrale nucléaire (Hinkley Point C), le gouvernement britannique a fait le choix d’un projet entièrement privé, pour ne pas exposer le contribuable aux risques de dépassement du budget de construction. Une décision compréhensible dans le contexte de l’époque : aucun EPR n’avait encore démarré et le chantier de Flamanville (France) accusait déjà d’importants retards et dépassements budgétaires.

Le Royaume-Uni a donc opté pour un mécanisme de complément de rémunération appelé « Contract for difference », initialement conçu pour financer le développement des énergies renouvelables. Pendant 35 ans, l’électricité produite par Hinkley Point C sera vendue à 92,5 £/MWh(1) (ramené à 89,5 £/MWh si le projet de Sizewell se concrétise), quel que soit le prix du marché.

Le prix accordé à EDF Energy et CGN pour l’électricité d’Hinkley Point C est élevé par rapport au prix de gros outre-Manche, pour plusieurs raisons :

  • il s’agit de la première centrale nucléaire construite depuis une génération au Royaume-Uni, ce qui implique un travail supplémentaire de la part des porteurs du projet pour gréer la chaîne d’approvisionnement ;
  • l’industrie nucléaire est très capitalistique, ce qui signifie que le coût de l’électricité est moins lié aux coûts d’exploitation(2) qu’à ceux de construction et de financement de la construction. Il est difficile, donc coûteux, de faire financer par les marchés un chantier d’une vingtaine de milliards de livres, pour deux réacteurs, sur dix ans. En faisant porter l’intégralité du risque de construction sur les porteurs du projet, le gouvernement britannique a certes protégé le contribuable des éventuels dépassements budgétaires mais cela a un coût, qui se matérialise notamment sur les taux d’emprunt et se répercute sur le prix de l’électricité.

Sizewell, un mécanisme en « RAB » ?

La situation a aujourd’hui changé : deux EPR ont démarré à Taishan en Chine, Hinkley Point C offrira un retour d’expérience au Royaume-Uni et Sizewell pourra s’appuyer sur sa chaîne d’approvisionnement (le profil de risque du futur chantier sera donc inférieur à celui d’Hinkley Point). Cela permet d’envisager d’autres méthodes de financement qui, en partageant certains risques avec la collectivité, permettraient de réduire les taux d’emprunt et donc le prix de l’électricité produite.

Le mécanisme au sujet duquel une consultation(3) vient de s’achever porte le nom de « Regulated Asset Based » (RAB, « base d’actifs régulée » en français). Il s’agit un système conçu pour financer les infrastructures en situation de monopole.

Peu d’organismes privés sont prêts à investir des sommes importantes quand le premier retour intervient 5 à 10 ans après la mise initiale. Le modèle « RAB » prévoit donc que les investisseurs commencent à être rémunérés dès le début de la construction pour l’électricité qui sera livrée plusieurs années plus tard, à un tarif réglementé défini par un régulateur indépendant (peut-être l’Ofgem(4)), puis pendant toute la durée de vie du projet (construction puis exploitation).

Autrement dit, les consommateurs verseraient un acompte pendant la construction afin d’avoir accès à une électricité à plus bas coût pendant la phase d’exploitation. Dans ce modèle, la rémunération des investisseurs est étalée sur toute la durée de vie du projet (croissant depuis le début de la construction, puis décroissant à partir de la mise en service, en suivant l’amortissement de la centrale). Dans certaines conditions, une partie (plafonnée) des éventuels dépassements de coûts pourrait être intégrée à ce système (financement par de la dette ou des fonds propres mais rémunérée via le RAB)(5).

En résumé, le schéma de financement « RAB » vise à réduire le coût du capital des futurs réacteurs nucléaires – donc le coût de l’électricité produite – sans pour autant y investir d’argent public. Il repose sur un partage de certains risques avec l’État et une rémunération réglementée débutant en même temps que la construction pour rendre l’investissement attractif.

L’expérience dira si cette approche, élégante sur le papier, est à la hauteur des attentes et permettra de financer les grandes infrastructures nucléaires dont le Royaume-Uni a besoin.

Sources / Notes
  1. £ de 2012.
  2. Le combustible ne compte que pour 15% du prix de l’électricité produite selon la SFEN. 
    « Les coûts de production du parc nucléaire français », septembre 2017, page 23.
  3. Consultation « Regulated Asset Base (RAB) model for nuclear » Gouvernement britannique.
  4. Site de l'Ofgem (Office of Gas and Electricity Markets).
  5. Au-delà, les surcoûts de faible probabilité mais de conséquences élevées (risques politiques, perturbation des marchés d’emprunt, dépassement des coûts au-delà d’un certain seuil…) pourraient être financés par le gouvernement.

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Commentaire

Rochain

La réalité la voila :
Les données du problème :
Nucléaire :
Cout EPR : 12,4 G€ Délai de réalisation 2007 à 2021 : 14 ans
Puissance de production théorique 1,6 GW Facteur de charge 75% (mais même à 100% sans maintenance ni rechargement d’uranium ni incidents…. Ça ne fera pas le poids. Noter que le facteur de charge du parc existant n’a été en 2019 que de 68%) Puissance réelle : 1,2 GW
Production annuelle : 10,5 TWh

Parc éolien :
Coût d’une éolienne de 2 MW : 1 M€ Facteur de charge moyen France de l’éolien : 25%
On peut donc construire plus de 10 000 éoliennes avec ce que coûte (a déjà couté sans produire) l’EPR de Flamanville. Puissance théorique 20 GW, puissance réelle 5 GW
Production annuelle : 43,8 TWh soit 4 fois plus que le nucléaire de l’EPR
Ajoutez à cela que le parc peut produire au bout de 2 ans seulement, car moins de deux ans suffisent pour construire une éolienne et la raccorder. Aujourd’hui l’étape la plus longue de la construction d’une éolienne est représentée par les délais imposés par les recours juridiques systématiques.

Le coût du MWh solaire ayant rejoint celui de l’éolien depuis 2018 le résultat est le même pour le solaire

Quant à ceux qui ne voient pas d'autre solution que les énergies fossiles pour palier les faiblesses des variables durant les quelques rares périodes anticycloniques qui couvrent le pays environ au pire une trentaine de jours par an ils ignorent sans doute l'existence du biogaz ?

Il faut estimer le coût du stockage si tant est qu’il faille stocker car dans les ENR le biogaz est dans un état stocké dès sa production et son potentiel, peu développé en France (1,8 % du mixe électrique) qui l’est 5 fois plus en Allemagne, permettrait d’alimenter exclusivement par ce moyen le pays par temps calme et couvert anticyclonique durant 3 mois au moins chaque année. Actuellement l’Allemagne dont le biogaz représente déjà 8,4% du mix électrique peut assurer son besoin électrique à 100% par cette source 1 mois par an.

Et pour ceux qui s'imaginent que sur l'ensemble du pays les éoliennes sont arrêtées les 3/4 du temps je me permet de leur rappeler que les réacteurs nucléaires s'arrêtent aussi et toujours plus longtemps que n'importe quelle éolienne est à l'arrêt. Par exemple Un des deux réacteurs de Flamanville est à l'arrêt depuis un an et demi et l'autre depuis 9 mois. Heureusement que nous avons autre chose que le nucléaire, quand on voit ces investissements pharaoniques arrêtés sur d'aussi longue période il y a des questions à se poser sur la fiabilité de ces engins sur le long terme. Le premier parc éolien du pays, sur le site de Port la Nouvelle dans l'Aude a produit pendant trente an sans aucun arrêt intempestif de plus de deux jours.

Rochain

C'est d'implémenter l'application du facteur de charge bien connu... Il n'y a pas de tour de passe passe ni d'alchimie compliquée

Serge Rochain

Je lis : l’électricité produite par Hinkley Point C sera vendue à 92,5 £/MWh(1) (ramené à 89,5 £/MWh si le projet de Sizewell se concrétise) ????
Le prix a semble-t-il été négocié en euros et à hauteur de 110€ le MWh par EDF d'après d'autres lectures.

Hervé

Il me semble que vous oubliez le cout du stockage dans vos "savants calculs"...

Rochain

Votre vieux fantasme... Le stockage.
Le courant electrique produit est d'abord fait pour être consommé pas mis en conserve... Pour quoi faire ? Pour les jours où il y n'y en a pas assez ?
Nous avons de multiple façons de compenser ce qui manquait EVENTUELLEMENT... Je cite en fin de message l'emploi du biogaz Qui est CO2neuyre pour peu qu'on le développe comme le fait l'Allemagne qui peut déjà fonctionner u' mois entier par an avec cette ressource. Mais p' peut aussi stocker les excédents comme le fait notre nucléaire chaque nuit en élevant la température de millions de M cubes d'eau.... Sans compter toutes les autres sources de productions renouvelables permanentes comme les marées les courants marin la houle... Bref pléthore de solutions qui permettent de se passer du nucléaire et de ses multiples inconvénients.
Rrbref... Je n'ai pas oublié

Hervé

Vous citez l'allemagne mais il me semble que les émissions de CO2 de ce pays, malgré des investissements colossaux, sont encore dix fois plus élevés que les pays qui ont opté pour le nucléaire (France suède). Cette forme d’énergie n'est certes pas parfaite mais est celle qui réponds le mieux a cette problematiques. Et ce sachant que les inconvénients potentiels du réchauffement sont bien plus graves que ceux générés par l'exploitation de l'atome.

Serge Rochain

Oui je cite l'Allemagne car elle présente un profil tout à fait intéressant qui réduit à néant vos insinuations. L'énergie nucléaire est la plus grosse productrice de CO2 selon vos critères, en effet lorsque la France en route vers la nucléarisation ne disposait encore que de la moitié ou du tiers du nombre de réacteurs dont elle dispose aujourd'hui nous devions être au moins égal en production de CO2 à ce qu'émet l'Allemagne aujourd'hui, prouvant selon vos propres critères que ce ne devait pas être une solution pour réduire les émissions de GES.
L'Allemagne est donc sur une trajectoire qui vise à terme le 100% ENR et on ne peut certainement pas leur reprocher cette direction. D'ailleurs depuis leur décision de se séparer du nucléaire et du charbon la courbe de leur part dans leur mixe électrique décroit presque parallèlement, voir :
https://www.revolution-energetique.com/apres-la-sortie-du-nucleaire-lal…
Ce que vous voyez en émission de CO2 ne résulte de ce que l'Allemagne ne se convertit pas assez vite vers les ENR et que les vieilles ressources charbonneuses sont encore beaucoup trop active, car je ne vous ferai pas l'insulte de croire que vous pensez que ce sont les éoliennes qui produisent ce CO2.

Hervé

Donc pour résumer vos propos, l'energie nucléaire émets plus de CO2 car avant qu'on l'ait on émettais beaucoup de CO2 ??? Vachement logique comme explication. j'ai rien compris une fois de plus mais bon c'est pas grave.

Trés bien dans ce cas qu'ils se bougent en allemagne parceque pour le moment ils n'ont pas fait grand chose ...Aucun autre pays non nucléarisé non plus d'ailleurs. Les seuls qui ont des bons scores c'est soit de l'hydrau ultra majoritaire, soit hydrau + nucléaire.

500gr CO2 /Kwhe en allemagne la ou en France on trourne à ~50 depuis longtemps (pourrait etre plus bas si on stoppait des couillonnades comme les cogénérations ou des trucs comme ça qui font cramer du gas alors qu'on pourrait tourner en trés bas carbone. )
Si on élimine tout ce qui dépasse 50grs, il y a d'ailleurs pas mal d'enr qui dégagent du mix (Solaire PV, methanisation des cultures...)

Serge Rochain

Effectivement, une fois de plus vous ne comprenez rien. Je dis simplement qu'avant d'avoir la totalité de notre parc nucléaire on émettait plus de CO2 que maintenant
De la même façon, L'Allemagne qui n'a pas terminer sa conversion aux ENR sans nucléaire émet aujourd'hui encore plus de CO2 que lorsqu'elle aura terminé sans mutation 100% ENR.
Ca va ? Vous suivez maintenant ?
La France ne bénéficie que par hasard de ce peu de CO2 car ce n'est pas la raison qui nous a fait choisir le nucléaire, et vous le savez très bien.
Alors si vous comparez les situations, la France s'est lancé dans le nucléaire il y a 60 ans au moins, alors que l'Allemagne n'a changé son fusil d'épaule que depuis Tchernobyl, il manque encore 25 ans pour mettre les exploits en comparaison, et je suis bien tranquille, L'Allemagne ne mettra pas 25 ans pour atteindre le 100% ENR…. et nous nous serons seulement en train de changer notre fusil d'épaule parce que …. Ah ben oui…. ça marche le 100% ENR
Mais en vérité je ne suis pas inquiet, nous sommes déjà en train de le changer donc avec seulement 34 ans de retard sur l'Allemagne. Vous ne le voyez pas ? forcément non vous avez les yeux fixés sur le CO2 que la bonne chance nous a octroyé au lieu de regarder monter le tas de déchets millénaires que nous sommes en train de produire.

Hervé

Mwais..., l'ennui c'est que l’Allemagne a commencé il y a longtemps, a mis beaucoup de pognon, et les résultats ne sont pas la... Tout le pognon mis dans les enr aurait été utilisé pour batir des réacteurs, ils émettraient carrément moins de CO2 mais bon.

Bon en même temps quand on remplace un truc qui émets <15gr Co2 au Kwh par un truc qui en emets >60grs, on risque d'attendre longtemps, très longtemps pour avoir un résultat pas terrible...

Serge Rochain

Comme d'habitude longue litanie de Fakes news sur des chiffres faux pour ceux qui sont indiqués… sans intéret

Rochain

Hervé, un peu moins de paresse s'il vous plaît, donnez vous la peine minimum de lire seulement mes différents messages de ce forum au lieu de dire que j'ai oublié ceci ou cela et vous aurez toutes vos réponses.... Il vous dérange tant que ça mon "savant" calcul?

Hervé

B'en en fait j'ai un peu exagéré en exprimant "savants calculs", vos écrits relèvent plutôt du "y a ka faut qu'on".

Serge Rochain

Hélas Hervé, il apparait que vous êtes pourtant bien embarrassé pour contesté ces calculs que finalement vous rétrogradez au niveau d'un "Y a Ka Faut CON" dont vous êtes un expert sans aucune modestie. En effet, vous balayez d'un revers de main une démonstration qui ne fait qu'expliquer la raison qui fait que les marchés depuis presque un an se signent pour les ENR dont la technologie est aujourd'hui bien maitrisée entre le 1/4 et le 1/7 du prix de ce qui se signe en matière de nouveaux nucléaire, donc non amorti, CF :
https://www.batirama.com/article/26939-photovoltaique-comwatt-est-pret-…

Problème que vous résolvez sans pour autant apporter le moindre chiffre rassurant avec une grande simplicité pat un "Y a Ka" cesser d'investir dans les ENR, "Faut CON" construise des EPR à 13 milliards d'euro pièce sur 15 ans pour obtenir un MWh à 110€ quand on veut et même la nuit et le dimanche quand on n'en n'a pas besoin.
Et vous n'hésitez pas une seconde, toujours sans la moindre explication chiffrée que "Cette forme d’énergie n'est certes pas parfaite mais est celle qui réponds le mieux a cette problématiques".... et la preuve c'est que c'est vous qui le dites, il est donc inutile de chercher à la démontrer sachant qu'Hervé est une autorité en la matière que personne ne saurait raisonnablement mettre en doute.
Vous ne vous sentez pas un peu ridicule avec vos incessantes allégations alors que vous êtes incapable de contredire un raisonnement de CM2 ?

Hervé

Serge,
La conso de la France varie entre ~30 et 100GW (on arrondi). Les 100GW, ça arrive plutôt en hiver et à 19H. Soleil =0GW, Vent= Entre presque rien et beaucoup; ce qui signifie que le reste (stockage + biomasse + autres broutilles) doivent compléter le manque. Ce qui impose d'entretenir une quantitée de systèmes qui a un autre moment vont être en surnombre. Techniquement c'est possible, (enfin s'il y a assez de cuivre sur la planete... pour faire tout ça, pas forcemment gagné) . L'autre problème c'est qu'il faut le PAYER pour que ça EXISTE. Et la c'est plus compliqué.
Les allemands ont mis sur la table 300Mds pour obtenir pas grand chose pour le moment). Avec 300Mds, ils auraient pu se construire une trentaine de réacteurs de grande puissance, ce qui donnerait beaucoup plus d'energie, et mieux dispo quand ils en ont besoin avec des émissions de GES carrément moindres comme on a nous en France ou en suède.

Ce que j'écrit est facile a trouver sur le net, pour celui qui veut voir la vérité... Je sais pertinemment que ce n'est pas votre cas...

Concernant le Mwh @ 110€, l'EPR en produit 1600 chaque heures, peut depasser >90% de l'année et prévu pour 60 ans, soit 110 X 1600 X 0.9 X24X365X60 =80 milliards . EDF devrait parvenir à payer les 13 milliards et faire un substantiel bénefice... Sachant que ces réacteurs sont construit par les chinois qui en ont mis deux en service en moins de dix ans et à la moitié de ce cout...

Rochain

Hervé il est dommage pour vous que votre bel exemple de la pointe de consommation en hiver à partir de 18 heures s'écroule comme le château de carte tout en soulignant une des grosses tarés du nucléaire :
Bonnes gens soyez gentils coupez le chauffage en partant le matin puisque vous n'êtes pas là de la journée et que j'ai besoin de toute la puissance de mes réacteurs pour répondre au besoin de l'activitée économique. Résultat une pointe de consommation incongrue lors de l'arrêt de l'activité économique. Alors qu'avec l'utilisation de l' énergie solaire la maison sera bien chauffée toute la journée et il n'y aura aucune pointe à 18 heures pas plus qu'à 22 heures pour chauffer les millions de m3 d'eau sanitaire.... De plus c'est bien en hiver que le vent n'est pas de zéro à 100% reparti uniformément mais à 80%du temps entre la puissance entre 50% et 100% de la puissance maximale et 20%du temps entre 0%et 50%de la puissance maximale. Vous voulez des courbes ?
Voilà ce qui arrive quand d'une part on tripatouiller les chiffres et que d'autre part on veut imposer un mode de fonctionnement imposé par les contraintes du nucléaire à un mode de fonctionnement naturel correspondant au régime des ressources naturelles qui sont aussi celui du mode de vie de notre espèce humaine comme de bien d'autres espèces de la planète.
Revenez sur Terre.

Hervé

Serge avez vous été coupé pendant une pointe hivernale? C'est trés rare.
Par contre vos chauffe eaux solaires quand il n'y a pas de soleil pendant une semaine en hiver (fréquent) ils font quoi?
Soit ils brulent du gaz et émettent du CO2 (beaucoup ...)
Soit ils consomment de l’électricité et aggravent le problème de la pointe...
Le solaire en hiver c'est pourri. Bien sur dans un microclimat au sud de la France, vous avez peut être mieux, mais il ne faut pas croire que la perf du solaire a Narbonne et à Lille est la même...
Concernant le vent, le problème c'est qu'il arrive que la production soit en berne plusieurs jours d'affilé, comme montré là: https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/d/d1/Prod_%C3%A9ol%2Bnuc… . On est carrément au delà de ce que permet de lisser une smartgrid. C'est ce qui rend l'hypothèse 100% ENR peu crédible. Concernant vos affirmations de 80% du temps supérieur à 50% je demande à voir, ça me parait exagéré, mais l'éolien en moyenne est effectivement meilleur en hiver et si ce souci de stockage trouve un jour une solution, c'est une piste qui pourrait être intéressante . L’éolien a un potentiel important, si on trouve comment résoudre les problèmes à un cout acceptable.

Notez que c'est pas parce que vous mettrez des éoliennes et du PV partout que vous n'aurez plus de pointe. Malgrés ce souci de pointe la France affiche un bilan carbone complet meilleur que ses voisins et celui de son mix électrique est (on pourra bientôt dire était) excellent. Par ailleurs ajouter 50 réacteurs de plus pour la couvrir à 100% la pointe serait probablement moins couteux que d'essayer de faire avec des ENR et aurait le mérite d’émettre nettement moins de CO2 que le mix actuel et largement meilleur que le mix que vous proposez. C'est bien entendu une connerie mais il faut quand même garder ça à l'esprit.

Serge Rochain

Cessez de me prendre pour un imbécile, je sais très bien ma différence entre Narbonne et Lille, d'ailleurs j'ai une collections de cartes de l'ensoleillement, de la puissance moyenne captée, de la production annuelle…... établies par l'ADEME dont vous trouverez quelques exemplaire dans "Le regard de hommes dur le Soleil" paru chez ISTE, avec les calculs montrant que se passer du nucléaire n'est pas un problème. Calculs croisées et comparatifs entre ceux de l'auteur et ceux de l'économiste énergéticienne Julia Cagé-Piketty.
Enfin je vous rappellerai que les solaire en Allemagne, pays qui comme vous devriez le savoir ne se trouve pas sur l'arc méditerranéen, produit 8,4% de leur mixe électrique contre seulement 2,2 en France.
Je crains que vous n'ayez pas grand chose à m'apprendre sur le Soleil.

Hervé

Concernant l’Allemagne, Oui, l'ennui c'est que ils produisent seulement 8.4% de leur électricité avec le soleil (soit probablement 2% de leur conso d’énergie soit que dalle et ils ont fait le plus facile...). A quand les 95% décarbonés? Pas demain l'avant veille vu l'orientation que ça prends...
L'ademe ... Leur couper les crédits et les affecter à de vraies solutions serait déjà un progrès.

Personne ne conteste qu'on puisse se passer de nucléaire, la plupart des pays le font, raison pour laquelle on va probablement se prendre un réchauffement qui va changer "quelque peu" l'avenir de nos descendants. Je ne parle pas de conséquences dans 10000ans mais dans un ou deux siècles... C'est cela qui me gêne.

Rochain

He oui 8'4% contre nous 1,8% alors que notre gisement solaire est 4 fois supérieur, il n'y a pas de quoi être fier. Mais on ne récolte que le fruit de notre laxisme devant la percée allemande. On peut tout aussi bien se passer du nucléaire que du charbon. Le seul point où vous avez un peu raison c'est que ce n'est pas demain la veille. Mais un matin on se réveillera et il faudra mettre les bouchées doubles quand on s'apercevra que moins de 5 à 6 ans plus tard, on enfourner à les derniers Kg de minerai uranifere dans les centrifugeuses d'enrichissement pour nourrir alors à prix d'or nos centrales à la veille de leur arrêt définitif et qui devaient fonctionner encore 20 ans. Et donc ça c'est pour dans un ou deux siècles mais pour dans à peu près 50 ans.

Hervé

C'est ce qui s'appelle niveler par le bas... Grâce au confinement, la baise de conso préconisée par l'ademe a eu lieu. Il n'y a plus qu'à péreniser la chose en confinant toute l'année...

Pascalb

J'ai assisté à une réunion de présentation du site de la centrale nucléaire du Blayais, par son ancienne directrice (chapeau madame). Je n'ai pas souvenir des valeurs de puissance produite mais je me souviens lui avoir demandé quelle part de la puissance produite était vendue ? Elle n'a pas su me répondre (pas chapeau madame :(). C'est vrai ce n'était pas sa fonction, mais le rendement du réseau n'est pas annoncé par EDF.

Le rendement cycle primaire/cycle secondaire est connu, c'est le cycle de Carnot : 33%. Un sujet dont on parle peu, bien que ! Cela changerait ? :
https://www.lesechos.fr/idees-debats/cercle/efficacite-energetique-une-…

Ensuite il faut acheminer cette énergie jusqu'au consommateur, et là, je n'ai pas de calcul officiel, je me suis laissé dire que le rendement de la transformation/transport/transformation serait aussi de cet ordre, càd de 33%.

En conséquence, le cycle du nucléaire EDF aurait un rendement de l'ordre de 10 %.

Premièrement, avant de choisir quelle type de technologie de production choisir, et si nous rapprochions la production de la consommation ? A chacun sa mini centrale atomique !!

Hervé

Les pertes moyenne de transport d’électricité sont de 8% au total, dont la majeure partie liées à la distribution. Les chiffre de 33% est un fantasme d'escrologiste. La perte engendrée par l’éloignement (relativement modéré) des centrales nucléaires vis a vis des lieux de conso est une fraction des 2% de pertes du transport THT soit peanuts (<1%, et beaucoup moins que les pertes engendrées par l’exploitation des ENR, si vous creusez le sujet, vous allez etre surpris des conneries racontées par les promoteurs des ENR).

Le fait d'utiliser la chaleur du nucléaire direct est peu envisageable, (techno qui reste trés risquée donc inadapté a une diffusion sur un trés gand nombre de sites), Il existe cependant des projets de cogénération nucléaire à partir des centrales existantes qui seraient réalistes.
Mis a art cela, étant donné qu'il est difficile d'exploiter directement la chaleur de l'energie nucléaire, le faible rendement n'a pas une grande importance (tout comme celui des panneaux PV , et dans une moindre mesure de l'éolien) Il entraine une surconso de combustible, lui même relativement bon marché, donc a un impact modéré sur le prix final.

Pascalb

Si 30 % semble élevé, 6 % (8-2 d'éloignement selon vous) est de la fumisterie. Ne connaissez-vous pas les pertes en chaleur lors de la transformation ?
Éloignement relativement modéré (c'est vrai que l'on voit rarement des lignes hautes tensions sur notre territoire, qui sont d'ailleurs sans danger pour le voisinage et beaucoup plus belles que des éoliennes, cela va sans dire), pertes des ENR, faible rendement sans importance car combustible bon marché. Vous êtes un pro, mais je n'arrive pas à savoir de quoi ??

Vous avez omis de nous parler des déchets d'une durée de 300 000 ans, cela est peut-être négligeable aussi ?

Les pertes d'exploitation des énergies renouvelables sont à déduire de l'énergie gratuite et infinie qui nous est offerte par notre bonne vielle planète.

Les panneau photovoltaïques sont un non sens de l'exploitation de l'énergie solaire, car plus ils prennent de rayons, plus ils chauffent, moins ils produisent.

La fleur conçue par EDF a été pondue par des bras cassés, car le nettoyage des cellules lors de leur rangement, ne s'applique pas aux cellules de la périphérie ; sachant qu'elles sont montées en série avec les autres, la production d'électricité est alignée sur celle de ces cellules.

Hervé

Les pertes dans les transformateurs sont dépendantes de la taille du transfo. Le transfo de votre ordi perds dans les 15% , Le transfo qui vous alimente (20KV vers 230/400) c'est disons 1 à 4% selon sa taille. Un transfo de 1000MW 400KV, c'est dans les 0.1% de pertes ( ça représente 1000KW tout de même...ce qui est énorme remmené à sa taille d’où les gros ventilateurs à cotés des transfos) Et Heureusement que les gros transfos sont performants , sinon il faudrait de sacrés systèmes pour les refroidir....
https://www.connaissancedesenergies.org/electricite-a-combien-s-elevent…

La perte liée à la distance de la centrale nucléaire est une fraction des 2% de RTE... soit peanuts

Hervé

Les lignes haute tension sont de toute façon nécessaires pour les ENR et en plus grande quantité (les centrales nucléaires sont réparties autours des zones de conso (région parisienne et vallée du Rhône) , les éoliennes la ou il y a du vent, soit souvent plus loin, et foisonnement oblige demande des lignes plus costauds) Idem pour le solaire: panneaux plutot au sud de la France, conso plutôt au nord, avec des nuages qui couvrent souvent la moitié du pays donc fort déséquilibres à compenser par de la ligne THT). D'une manière générale, une production décentralisée non pilotable agira en bien ou en mal sur les pertes dans tous les réseaux, globalement plus importantes mais je suis d'accord avec vous, on s'en fout...

Hervé

Personnellement, ce qui me gêne, c'est les 2 à 4? degrés de réchauffement climatique qu'on va se prendre dans le siècle, qui vont avoir un impact catastrophique rendant une partie (toute?) de la terre inhabitable et ce pour très longtemps, beaucoup plus qu'a fukushima...
Alors des déchets qui pourraient éventuellement poser problème dans 300000 ans, ç'est pas vraiment le souci principal vous voyez, les fukushima et tchernobyl non plus s'il n'y en a pas trop...

Pascalb

Ha non ! Le pire, ce sont les ongles incarnés, tu ne t'en rends pas compte tout de suite, cela te pourrit la vie !

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